Take the Leftovers, keep the dignity

Beloved Community6_JPWIt was Wednesday and Viviana (not her real name) told me she couldn’t get food until Friday. She had young children at home and was eyeing the leftovers. Viviana and I were in the kitchen of our church in downtown Des Moines, Iowa, a mid-size city in the middle of the United States. Outsiders often cast us unkindly, as bumpkins living in a monolithic cornfield. But our church building is situated on a field of concrete, surrounded by office towers and urban skywalks, artists and musicians, transients and homeless. Our city is evolving and eclectic.

Viviana and I were cleaning up after serving dinner to 150 people from all walks of life. We were volunteers together on a cooking team that puts out a weekly meal free of charge to anyone who walks through the doors (a full-course dinner with vegetarian and gluten-free alternatives). This extravagant supper is a weekly event in our church we call “Beloved Community,” named for an idea popularized by Martin Luther King: we are called not simply to accept others but to delight in others. The best part of our Wednesday night meals, I think, is how we kind of all blend together instead of delineating ourselves by economic status, or who’s in and who’s out.

We don’t say the meal is for destitute people, but destitute people come.

We don’t say the meal is for privileged people, but privileged people come.

It takes a lot of volunteer help to serve a weekly dinner for 150, thus Viviana and I were working together. I couldn’t help noticing how she looked at the food we were putting away.

I suggested she take the leftovers home.

Viviana told me she didn’t want to take food that others might want, but I talked her into it. I placed pizza casserole, salad fixings, and some cherry dessert into containers then into a plastic bag so it wouldn’t look conspicuous. I asked her to wait so I could forage the church refrigerator for more, including a gallon of milk. There were apples and oranges on the counter. Maybe I should have run to the grocery store for a gift card. I could have asked a pastor to come up with financial assistance from a church fund for her. I wanted to fix Viviana’s life right then and there.

This young woman was anguished in at least two ways – she had no food at home and had to ask for the leftovers. I did my best to not hold a look of pity on my face as she told me her cupboards had never looked so bare, that she’d never been in this situation before.

“I’m a giver, not a taker,” Viviana said. And by the way, she worked full time. She had scheduled a few hours of vacation time from her job so she could volunteer her afternoon to cook dinner for Beloved Community.

“We’re all givers and takers,” I said. What do you say to a friend who has no food without sounding patronizing or just plain dumb? In future weeks others joined me in quietly bagging up leftovers for our friend and co-volunteer.

Viviana probably doesn’t even know that she inadvertently started a new practice at our Wednesday night meals. These days we handle leftovers differently. The cooking teams automatically box up the uneaten food after the meals and pile the containers on the buffet line, kind of like a Beloved Community Part II. During the cleanup we announce, “To-go boxes available,” via microphone, removing the embarrassment factor.

I’m not sure who exactly takes the boxes home (besides me sometimes, and our growing population of homeless guests). The boxes simply disappear and when I’m on the clean-up crew that’s exactly what I want to see. One thing I do know: If anyone in that church hall needs food to take home they can pick up a box of the most delicious leftovers in town without giving up their dignity in return. We are the beloved community even if only for a few hours once a week.

Viviana made that happen.

Thanks to Terri Mork Speirs for this post and to Jacqueline Pieart Warming for the photos.

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Global citizens are coming up with other innovative solutions to combating hunger and food waste. France recently passed a law forbidding gaspillage alimentaire (estimated at more than 7 million tons annually) by supermarkets, becoming the first country in the world to do so. Instead of destroying food to discourage foragers, big retailers are now obligated to sign donation contracts with charities or food banks.

This article explains why the process as not as simple as one might like it to be.

Yet despite hurdles, activists are hoping to persuade lawmakers across the European Union to pass similar legislation.

In the US, where an estimated 40 percent of all the food that is produced goes uneaten, coffee chain Starbucks just signed onto a program called FoodShare, which will enable it to donate 100 percent of its unsold food still safe to eat from its 7,600 U.S. stores to food banks. Although the corporation has been donating its surplus pastries since 2010, the new program is hoped to provide five million meals in the first year and nearly 50 million by 2021, when it hopes to attain a 100 percent donation rate.

Pappavada restaurant in Kochi, southwest India recently installed a public refrigerator on the street, where kitchen staff and patrons place takeaway containers and leftovers so that homeless people can help themselves 24/7.

Version francaise:

Prendre les restes, garder sa dignité

 C’était un mercredi et Viviana (le nom a été changé) avait mentionné qu’elle ne pourrait pas s’acheter de quoi manger avant le vendredi. Nous étions dans la cuisine de notre église du centre de Des Moines, une ville moyenne du centre des États-Unis, et cette jeune maman avait l’air d’être très intéressée par les restes…

Les étrangers voient parfois les gens de l’Iowa comme des péquenots plantés au milieu d’un gros champ de maïs. Mais notre église serait plutôt sur un champ de béton, entourée d’immeubles de bureaux et de passerelles pour piétons, d’artistes et de musiciens, de gens de passage et de SDF. Et notre ville est éclectique et en mutation.

Viviana et moi faisions le ménage après avoir servi à manger à 150 personnes de tous horizons. Bénévoles, nous proposons chaque semaine un repas gratuit à quiconque passe la porte d’entrée (entrée-plat-dessert, éventuellement sans gluten ou même végétarien). Cet événement hebdomadaire, nous l’appelons « Communauté aimée » en référence au concept de « Beloved community » popularisé par Martin Luther King : il ne s’agit pas seulement d’accepter l’autre mais de prendre plaisir dans l’autre. Et son élément le plus significatif, à mon avis, est la façon dont nous nous retrouvons ensemble sans nous préoccuper de savoir qui est qui. Sans barrières sociales.

On ne dit d’ailleurs pas que ce repas est fait pour des gens qui n’ont rien, mais que des gens qui n’ont rien y participent.

On ne dit pas non plus que ce repas est fait pour des gens privilégiés, mais que des gens privilégiés y assistent.

Il faut beaucoup de bénévoles pour organiser un repas pour 150 personnes et en travaillant avec Viviana, j’aurais eu du mal à ne pas remarquer la manière dont elle observait la nourriture que nous étions en train de débarrasser.

« Pourquoi ne rapporte-tu pas les restes chez toi ? », je lui avais demandé.

« Non, je ne préfère pas. Il y a d’autres gens qui pourraient en avoir besoin », elle avait répondu.

Mais je m’étais débrouillée pour la convaincre et j’avais mis de la pizza, de la salade et un dessert à la cerise dans des tupperwares avant de placer le tout dans un sac en plastique pour que ça ne se remarque pas trop. J’avais aussi récupéré d’autres trucs dans le frigo de l’église, dont un bidon de lait. Plus les pommes et les oranges qui étaient sur le comptoir.

J’avais même pensé courir jusqu’à l’épicerie pour lui prendre un bon d’achat ou demander au pasteur un don sur les fonds de l’église : je voulais régler tous les soucis de Viviana sur le champ…

Elle était embêtée pour deux raisons : n’avoir rien à manger à la maison et devoir demander des restes. J’avais donc fait de mon mieux pour ne pas avoir l’air de la prendre en pitié lorsqu’elle m’avait dit qu’elle n’avait jamais vu ses placards aussi vide ; qu’elle n’avait encore jamais connu une situation pareille.

« Je suis quelqu’un qui donne, pas quelqu’un qui prend », elle avait expliqué. D’ailleurs, elle avait un boulot à plein temps et prenait même sur ses congés pour participer à l’organisation du repas.

« Tout le monde prend et tout le monde donne », j’avais répondu. Mais que dit-on à un ami qui n’a rien à manger sans sonner condescendant ou simplement stupide ? Et les semaines suivantes, d’autres bénévoles s’étaient mis à emballer des restes pour elle.

Viviana ne sait probablement même pas qu’elle est à l’origine d’une nouvelle tradition pour nos dîners du mercredi. Désormais, les équipes de cuisine emballent systématiquement les restes et empilent des tupperwares sur les tables. C’est la « Beloved community » deuxième partie. Au moment du ménage, on annonce que les plats à emporter sont prêts au micro, ce qui élimine la gêne.

Je ne sais pas exactement qui prend ces boîtes (à part moi de temps en temps, et le nombre de plus en plus important de SDF parmi les convives…). Mais les boîtes disparaissent et, lorsque je suis de nettoyage, c’est exactement ce que j’ai envie de voir se produire.

Une chose que je sais, en tout cas, c’est que quiconque a besoin de nourriture pour la maison, peut emporter ces restes délicieux sans y laisser sa dignité. Nous sommes bien la communauté aimée de Martin Luther King, même si c’est seulement pour quelques heures par semaine.

Et c’est grâce à Viviana.

Merci à  Terri Mork Speirs pour ce texte à Jacqueline Pieart Warming pour les photos.

***

Des citoyens partout dans le monde inventent des solutions permettant de combattre le gaspillage et la faim. La France vient ainsi de promulguer une loi interdisant le gaspillage alimentaire des supermarchés (plus de 10 millions de tonnes chaque année)[1], devenant le premier pays à prendre une décision de ce genre. Au lieu de détruire de la nourriture ou de décourager les glaneurs, les chaînes sont obligées de signer des contrats de donation avec des organismes caritatifs.

Cet article explique en quoi ce n’est pas si simple en termes d’organisation :

Pour autant, et en dépit de ces difficultés logistiques, des militants espèrent convaincre les parlementaires de toute l’Union européenne de suivre cet exemple. Et aux États-Unis, où 40% de toute la nourriture est gaspillée selon certaines estimations, Starbucks vient de créer FoodShare, un programme qui permettra de donner 100% des invendus de ses 7600 établissements à des banques alimentaires. La chaîne de fast-food donnait déjà ses pâtisseries depuis 2010, mais ce nouveau dispositif pourrait générer 5 millions de repas la première année, voire atteindre 50 millions de repas par an si 100% des invendus sont récupérés.

Pappavada, un restaurant de Kochi, dans le sud-ouest de l’Inde, a récemment installé un réfrigérateur public dans la rue, dans lequel ses employés et ses clients peuvent déposer des plats à emporter ou des restes et où les SDF peuvent se servir quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit.

[1]    http://agriculture.gouv.fr/alimentation/les-chiffres-du-gaspillage-alimentaire

 

 

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2 thoughts on “Take the Leftovers, keep the dignity

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