Vivement dimanche !

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Ce post est pour ceux qui ont raté celui de vendredi et qui souhaiteraient passer ce dimanche 1 mai avec nous échanger sur les moyens d’aider l’association l’Auberge des Migrants/Help for Refugees.

(Apologies to those who don’t read French. This is just a quick post for those who will be coming on Sunday, May 1 to help us collect clothing and food we’ll be bringing up to the refugees and migrants in Calais on May 8. More on that in our previous (bilingual) post here.

Depuis notre dernier post, le coordinateur de l’auberge des migrants m’a envoyé un mail avec des détails actualisés sur leurs besoins, en constante évolution. Avec François, nous vous proposons pour ceux qui le souhaitent, de participer en donnant des espèces (5/10€ ou plus !), nous les mettrons dans une enveloppe et ferons avec les courses à Calais (nous n’aurons pas la place dans la voiture pour les dons alimentaires en nature).
Vivement dimanche donc pour un bon moment de partage et solidarité ! Et gardez la date 4 juin (13h-22h) pour notre événement/collecte de fonds dans un bel appartement à Montmartre. Détails a suivre ici, sur Facebook et par mail. Entre temps, laissez un commentaire si vous pensez pouvoir nous aider a planifier l’évènement ou bien participer en temps que musicien, danseur de tap, chef de cuisine, lectrice, barman …ou nous proposer une œuvre qui sera mise aux enchères dans le « silent auction!»  (liste de œuvres/services bientôt sur le blog et page FB).

Voici la liste de besoins pour l’Auberge des migrants :

  • Nourriture.
    Nos approvisionnements alimentaires sont en forte diminution. Des livraisons des aliments sont beaucoup plus durables et plus faciles à gérer que des dons en argent!  Si vous avez des fonds disponibles et prévoyez une livraison à l’entrepôt de L’Auberge / Help refugees S’IL VOUS PLAÎT APPORTEZ : nous avons des équipes qui préparent des sachets de nourriture. Voici ce dont nous avons besoin – en gras, ce qui manque le plus (le plus important en haut) :
  • litres de lait UHT
  • fruits et légumes frais (y compris la salade et les herbes fraîches)
  • sucre par kg
  • Oignons et ail
  • Lentilles rouges, haricots secs
  • Pommes de terre
  • Carottes
  • Huile par litres (olive, tournesol, arachide)
  • Riz par kg
  • Conserves de poisson (thon, sardines, maquereaux)
  • Paquets de biscuits
  • Conserves (tomates, pois chiches, haricots blancs ou rouge)
  • Thé et café
  • Sel
  • Fruits secs et noix
  • Conserves de fruits
  • Bouillon cube de légumes

Merci d’apporter des conserves avec ouverture facile (tirette). Assurez-vous, également, que la date de péremption n’est pas dépassée !

  • Vêtements
    Pour le moment on a trop des vêtements et des jouets pour les enfants, mais par contre il manque des vêtements pour des adolescents (garçons: 13 à 17 ans). Si vous pouvez en apporter, ce sera magnifique!

Hommes

  • Chaussures de marche hautes et imperméables ou baskets principalement tailles 41 à 43
  • Gants
  • Pantalons – petite taille : 28 + 30
  • Polaires à manches longues, pulls et sweats – taille S + M
  • Pantalons imperméables
  • Pantalons de jogging taille S +­ M

Femmes

  • Bottes / Chaussures jusqu’à la taille 39. Pas de talons !
  • Soutien-gorge tailles petites (jusqu’à la taille 36C)
  • Manteaux chauds imperméables (S+M)
  • Pantalons imperméables
  • Pantalons (S, M, L):­ jeans et pantalons de jogging
  • Pulls et sweats (S+M) manches longue

Autre:

  • Articles d’hygiène: solutions à l’eau salée, papier-toilette, rasoirs, crème à raser, déodorant, lingettes pour bébés, shampooing, conditioner, crème hydratante, mouchoirs
  • Sac à dos (petits et grands)
  • Sacs poubelles forts- 130l
  • Élastiques forts
  • Extincteurs
  • Chaussettes et sous-vêtements (homme, femme et enfant)
  • Sachets de biens: bonnet, gants et écharpe
  • couvertures de survie
  • Couvertures
  • Sacs de couchage
  • Bâches
  • Tapis de sol
  • Bois de chauffage
  • Torches à manivelle (type Décathlon) et lanternes solaires
  • Carton plat (taille 60 x 40 x 32,5 ou 90 x 60 x 48)
  • Bénévoles – Nous avons besoin de vous ! Surtout si vous pouvez rester plus d’un jour ou deux! Si vous souhaitez faire du bénévolat, merci d’envoyer un email à volunteerincalais@gmail.com
  • Matériaux de construction En particulier des palettes !! (si vous en apportez ; si vous êtes manuel et avez des compétences en construction et que vous souhaitez en faire profiter les migrants, merci d’envoyer un email à : calaisbuild@gmail.com)

Si vous envisagez d’apporter des objets qui ne sont pas sur cette liste, merci de me contacter  à : laubergedesmigrants@hotmail.fr au plus vite afin que je puisse vous confirmer si oui ou non ils seront utiles.

Consignes de triage
Vos dons doivent être triés, merci de votre compréhension !
Si des articles sont endommagés, sales ou inappropriés pour le camp, ils vont créer une énorme quantité de déchets, ce qui retarde une aide vitale aux réfugiés. Surtout le week­end, nous ne pouvons pas accepter les livraisons de dons qui ne sont pas triés. Nos bénévoles risquent d’être submergés par la montagne de dons non triés.
S’il vous plaît essayez d’apporter seulement 3 ou 4 types d’articles dans votre livraison.Toutefois, nous comprenons que ce n’est pas toujours possible, et nous apprécions toujours votre aide. Pour trier efficacement vos dons, merci de les séparer par genre : couvertures distinctes des vêtements. Vêtements et chaussures devront être séparés, emballés et étiquetés en conséquence : sexe, taille et type d’article. Ex: Polaires hommes de taille M séparé de celle de la taille S des femmes.
Botte de taille 39 séparée du 40, Imperméables séparés des vêtements non étanches…
Cela permet de faciliter grandement le travail des bénévoles de l’entrepôt et nous permet de distribuer beaucoup plus rapidement et plus efficacement les dons aux réfugiés.
Nous sommes suffisamment approvisionnés depuis un certain temps pour les articles destinés aux femmes et aux enfants, à l’exception des éléments mentionnés dans la liste des priorités. Si vous avez besoin davantage de lignes directrices sur la façon de trier, s’il vous plaît, dites le moi, et je serai heureuse de vous aider.
Pour plus de directives, s’il vous plaît consulter cette page de dons sur Calaidipedia.
Au cas où vous souhaitez faire des dons en argent, vous le pouvez faire sur ce site ici:

Ou encore adresser un chèque libellé L’Auberge des Migrants chez F. Guennoc 12 rue A. Davids 62179 Wissant, ou par Paypal sur l’adresse laubergedesmigrants@hotmail.fr. On peut aussi vous adresser un RIB.
Si vous souhaitez aider les efforts spectaculaires de nos équipes de construction (750 abris, et 3000 personnes hébergées dans les 2 derniers mois !!!) Merci de faire un don ici.
 

Three days in Calais

C’est un concours de circonstances qui m’a conduit à Calais et à donner un peu de mon temps à l’Auberge des migrants. Au départ, en toute honnêteté, je ne me sentais pas vraiment impliqué par le sort des réfugiés. Je restais, comme beaucoup, sur de lointains clichés, qui d’un bateau remorqué sur les côtes Italiennes, qui de pauvres hères marchant le long des routes. Mais aussi nourri d’images des médias plus inquiétantes de chauffeurs harcelés par les tentatives d’intrusions ou par les amalgames sur les événements dramatiques de Cologne.

(Post in French by François Henriques-Raba, translated by CB)

A combination of circumstances brought me to Calais in northern France, in order to volunteer a bit of my time to the charity Auberge des Migrants. To be perfectly honest, at first I didn’t feel concerned by the refugees’ plight. Like many of us I held onto remote clichés, images of a boat dragged up on the Italian coast or a group of miserable wretches walking for miles along the road. I had also been nourished by unsettling media stories of truck drivers being hassled by migrants trying to cross the border hiding in their trailers or the general tendency to lump “migrants” and “violence” together after the dramatic New Year’s eve events in Cologne.

Des_Artistes_Sont_Passes

Une amie m’a ouvert les yeux, ayant passé une semaine dans le nord et revenue avec autant de questions que de réponses, mais une certitude: Comment rester insensible à tout cela, comment ne pas prendre en compte la misère au-delà des problèmes posés. Nous en avons beaucoup parlé et une introspection, catalysée par des événements personnels, ont fini de me décider: Il est sans doute temps de se secouer, faire quelque chose, au moins essayer.

A friend who spent a week in northern France opened my eyes. Having returned from Calais with as many questions as answers, she had one certitude: it was impossible to remain insensitive, impossible not to take all the misery into account—above and beyond the complications. We talked about it and after some introspection, I decided it was time to do something, or at least try.

Pourquoi là m’a-t-on demandé. Je n’ai pas vraiment de réponse. Il y a des combats humains à mener partout, parfois très près. Celui-là peut être pour ce qu’il reflète de notre monde, de son actualité, parce qu’il a quitté le petit écran pour s’échouer à un jet de pierre du confort de mon canapé.

Why Calais, people have asked me. I don’t really have a response. There are battles to be lead everywhere, sometimes very close to home. Maybe this one because it reflects our world, our current affairs, because it left the small screen to shake me out of the comfort of my couch.

J’ai donc passé trois jours à l’auberge des migrants après un bref passage au Havre pour récupérer un lot de vêtements, résultat des efforts d’un ami (résident à l’auberge), de dons d’inconnus, et du travail de collecte de l’Armée du Salut.

So I spent three days at the Auberge des Migrants, after a brief stop in Le Havre to pick up a big batch of clothing that had been organized by a friend at the auberge, a mix of donations from strangers as well as the efforts of The Salvation Army.

Déchargement_4x4

L’arrivée à l’auberge des migrants est un petit choc en soi, un entrepôt dans une zone industrielle, des volontaires qui s’activent dans une ambiance très woodstockienne, très bon enfant. Les gens passent, te gratifient au passage d’un hochement de tête bienveillant ou d’un sonore «Hey my friend!» , tu te sens bien, l’envie de t’y mettre. La voiture déchargée, chasuble hivis sur les épaules, et c’est parti pour le tri des chaussures, avec Jane et sa fille Leane.

Arriving at the Auberge des Migrants is a tiny shock in itself. It’s a warehouse in an industrial zone, volunteers bustling about in a friendly, Woodstock-like ambiance. People pass each other with a good-natured nod of the head or a resounding, “Hey, my friend,” in English, which makes you really want to pitch in. Car unloaded, yellow reflective vest on, it’s time to sort the shoes with Jane and her daughter Leane.

Bonenafant_Warm_Up_Matinal

Premier constat tu sens que l’organisation souffre du manque de transmission, la plupart des bénévoles restent comme moi peu de temps, et l’information s’en trouve diluée. Jane est au tri depuis hier seulement et est un peu perplexe quant à ce qu’il faut garder, elle m’explique ce qu’elle sait, pour le reste, c’est le sentiment que j’aurai pendant les trois jours, si tu ne sais pas te débrouiller: tu ne serviras pas à grand chose, l’autonomie est de rigueur! Donc improvisation!

The first thing you notice is that the organizational aspect has been somewhat lost in translation. Most of the volunteers, like me, don’t stay very long and as a result information feels as though it’s been filtered through a few rounds of Telephone. Jane has been in charge of sorting since only yesterday and is a bit perplexed as to what to keep. She explains what she knows; for the rest, it’s the same feeling I’ll have for the next three days: if you don’t know how to figure stuff out for yourself, you won’t be very useful. Autonomy is de rigueur, and so, too is improvisation!

En second lieu tu regardes perplexe l’inégalité des dons: des chaussures trouées, sans semelle, ou des cotonnades inutilisables, côtoient des modèles de marche en cuir, quasi neufs, et, pire mais finalement drôle, des talons aiguille imitation panthère: so chic et tellement pratique pour marcher dans la boue… Elles finiront en trophée au-dessus de l’atelier ! La plupart des chaussures ne sont pas attachées, l’appairage est chronophage, les vérifications de taille également, ce ne sont pas des choses auxquelles on pense nécessairement lorsque l’on donne des vêtements, mais quelle perte de temps. C’est ce qui manque d’ailleurs: le temps, et les bras.

The next thing you notice is the disparity of the donations: shoes with holes or without soles, or unusable cotton fabric, rubbing up against leather hiking shoes, almost new and, worse but actually funny, high heels in imitation panther: so chic and especially practical for tramping through the mud…they’ll end up as a trophy crowning the workroom. The majority of the shoes are not with their partner and pairing them up is time consuming, as is determining their size. These are not the things we necessarily think of when we donate clothing, but what a waste of time. That’s, by the way, what we’re lacking most: time, and extra hands.

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Ma soirée s’est passée sur la grève, à manger une fricadelle frite (je sais, je sais…), regardant les ferries filer vers l’Angleterre, en pensant à ceux qui, de la « jungle » assistent au même spectacle. Je n’aurai besoin que de mes papiers et quelques dizaines d’euros pour faire ce voyage à travers la Manche alors que d’autres, dans des conditions déplorables, attendent depuis des mois (quand ce n’est pas plusieurs années) d’y risquer la fortune d’une famille, leur vie si ce n’est pas déjà fait, de réaliser ce même voyage, quelle injustice.

My evening was spent on the waterfront, eating a frikandel and fries (I know, I know…), watching ferries take off for England, while thinking of those in the “Jungle” contemplating the same scenery. All I’d need is a few dozen euros and my identity papers in order to make a return trip across the Channel. But others have to wait in deplorable conditions for months or even several years, risking their family fortunes and even their lives just for the chance to undertake this same trip—how unjust.

Le lendemain c’est reparti, et ce sera mon activité pendant les 2j restant: cariste. Réorganisation du stock avec Jack, seulement 23 ans, il pourrait être mon fils, mais je reste bluffé par sa maturité, sa sagesse. Je le harcèle de questions, pourquoi il y a t-il autant de britanniques parmi les volontaires? “I guess we’re feeling responsible”. C’est la réponse que me donneront tous les bénévoles anglais à qui j’ai demandé, et ils sont nombreux, c’est même l’immense majorité. Ils viennent de tous les milieux, toutes origines politiques. Il y a des ingénieurs, comme John, qui après six mois de volontariat, s’apprête à rentrer, gagné par un sentiment de déprime. C’est pourtant un coriace John, large sourire, physique d’acteur, des traits burinés qui en disent long sur son parcours. Sa tristesse de n’avoir tenu « que» 3 semaines dans la Jungle, “Too depressing”, témoigne aussi de la dureté des conditions de vie.

The next day I get my assignment for the following two days: forklift operator, reorganizing stock with 23-year-old Jack. He’s young enough to be my son, but I’m impressed by his maturity and wisdom. I bombard him with questions: Why are there so many British people among the volunteers? “I guess we’re feeling responsible.” It’s the answer that all the English volunteers I asked gave me, and they make up the majority here. They hail from all social and political backgrounds. There are engineers, like John, who is preparing to go home after six months of volunteer work, overcome by heaviness. And he’s a tough guy, John, huge smile, actor’s physique, a craggy face that tells his story. His sadness at having held out “only” three weeks in the Jungle: “too depressing”—also speaks to the difficulty of the conditions there.

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Je ne verrai pas le camp des migrants, je n’en ai ni l’envie, ni la volonté. Beaucoup de volontaires d’ailleurs n’y sont jamais allés, tu viens pour donner de ton temps, ton énergie, ce qui te rend utile. Si tu es trop fragile pour travailler dans la jungle, ta place n’y est pas. En l’occurrence je suis très bien à l’entrepôt. Il y a aussi un architecte en retraite, des étudiants en médecine, des artistes. Sur le campement des volontaires, c’est l’Ile de Wight, et, si le drapeau noir ne flotte pas nécessairement sur la marmite, il flotte au-dessus de certaines caravanes, mais on ne parlera quasiment pas politique. « Ici chacun sait ce qu’il veut, ce qu’il fait quand il passe».

I won’t be seeing the migrant camp. I don’t have the desire or the willpower to do so. Many of the volunteers have never been. You come here to give your time, your energy, whatever renders you useful. If you’re too fragile to work in the Jungle, your place is not there. That’s why I’m perfectly happy at the warehouse. Along with me there’s a retired architect, medical students, artists. The volunteer camp feels like the Isle of Wight festival. Anarchy is in the air around certain caravans, but even so we barely talk politics. 

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Puis c’est l’heure de déjeuner, en anglais of course, vegan of course, finalement le seul mode d’alimentation laïque : aucune restriction, et personne ne saura rien de toi à te regarder manger. Je regrette de ne pas avoir travaillé en cuisine, le curry est juste délicieux, j’aurai très égoïstement piqué la recette! Mais le plus important est que l’auberge sert 2000 repas chaud par jour, c’est un exploit, bien que cela ne couvre qu’une partie des besoins malheureusement. Le reste est pris en charge par les autres associations sur place de ce que j’en ai compris.

Then it’s lunch time, in English and vegan of course, which ends up being the only non-sectarian way to feed the group. I regret not having worked in a kitchen, the curry is simply delicious, I would have loved to have stolen the recipe! But the most important thing is that the organisation serves 2000 hot meals a day, which is a feat, even though that number unfortunately only covers part of the demand. As far as I understood, the rest is covered by other charities on the scene.

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Vendredi départ pour le camp de Grande Synthe. J’ai une voiture et il faut déposer des volontaires pour la distribution des chaussures, c’est une joyeuse et très jeune équipe qui se tasse a l’arrière du 4×4, j’arrive à éviter la rentrée dans le camp, un chapelet d’abris en bois, coincée entre l’A16 et une gare de triage sinistre, bruyant, un paradis comparé au camp de Basroch, honte absolue de l’avis de tous, fermé depuis peu, mais dans lequel des réfugiés auront pour certains tenu plusieurs mois.

Friday: departure for the Grand Synthe camp. Since I have a 4×4, I drop off a group of young and joyous team volunteers who will distribute the shoes. I manage to avoid the main entrance, a string of wooden shelters wedged between the A16 highway and a sinister, noisy railway yard, a paradise compared to the Basroch camp, a total disgrace in everyone’s opinion, recently closed, within which certain refugees had to hold out for several months.

Le reste de la journée se passera seul avec mon transpalette à faire un peu de place dans le stock pour préparer l’arrivée d’une grosse livraison prévue samedi. J’irai récupérer ma sympathique équipe de volontaires le soir. Ce coup-ci, je suis chargé de couvertures jusqu’au toit, impossible d’échapper à la rentrée dans le camp.

The rest of the day will be spent alone with my pallet truck, making some space in the stockroom in preparation for a big delivery scheduled for Saturday. I’ll go back and pick up my friendly team of volunteers that evening. This time, my car is stuffed with blankets up to the roof, necessitating a return trip to the camp.

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Sentiment étrange (il parait que c’est normal, tout le monde l’a ressenti), la plupart des réfugiés sont souriants et amicaux, mais des regards sont durs, parfois agressifs, on sent de la lassitude, de l’exaspération, mais une grande énergie se dégage, les hommes parlent fort, rient, jouent au foot, se bousculent amicalement. Beaucoup sont jeunes, moins de 30 ans pour la grande majorité. Je ne vois pas de femmes, sinon une à laquelle je souris et qui baissera immédiatement la tête en croisant mon regard, non, tout n’est pas rose chez les réfugiés, pas d’angélisme. Au loin au fond du camp des enfants s’amusent, sous des regards que j’imagine féminins. Les volontaires sur place sont Français, l’air fatigué, on sourit, tout le monde se tutoie, plaisante, mais l’heure avance, il me faut rentrer avec mes passagers.

Strange feeling (apparently it’s normal, everyone noticed it), the majority of the refugees are smiling and friendly, but the look in their eyes is hard, sometimes even agressive. One can sense the weariness and exasperation but still, energy fills the air—men speak loudly, laugh, play football, jostle each other in a friendly way. Many of them are young, most less than 30. I don’t see any women, aside from one who immediatedly lowers her head when I smile at her and make eye contact. No, all is not rosy with the refugees, no naive optimism. Further along at the edge of the camp children play, under the guard of what I imagine to be feminine eyes. The volunteers here are French and seem tired; we smile, everyone uses the informal “tu”and jokes around, but time is passing and I have to get back with my passengers.  

Avant de partir je ne peux m’empêcher de penser aux employés de cet atelier en cours de démolition qui jouxte l’entrepôt, et le “merci patron”, signe du combat perdu, tagué sur l’une des dernières façades encore debout. Combien d’emplois perdus encore dans cette région déjà sinistrée économiquement ? S’opposent ici 2 formes de misère et je ne jugerai pas l’agacement voire l’hostilité des locaux. Dans cette situation, pas de gagnants, et à Calais la galère ne semble jamais très loin…

Before leaving I can’t help but think of the local employees of this small factory next to the warehouse, slated for demolition, the “Thanks boss” tagged on the facade alongside other graffiti signs of defeat, a skull and “LKI [LK Industries]on strike.” How many more jobs have been lost in this region already devastated economically? Two forms of misery are confronting each other here and I can’t judge the locals’ irritation or even their hostility. There are no winners in this situation, and in Calais, hardship never seems very far away.

Atelier_En_Cours_de_demolition

Le voyage de retour se fera pour partie avec un résident, il est là depuis plusieurs semaines, me raconte ce qu’il sait des camps, de la pression des mafias, des bandes, sur les migrants (passeurs, gardiens d’argent etc…) des tensions inter-ethniques très fortes (la veille une rixe entre réfugiés Afghans et Soudanais a fait 25 blessés, pour une histoire de vélo), de l’inertie du gouvernement, de la lassitude des volontaires, et des conditions très dures qui font loi.

The return trip will be partially made with a long-term volunteer who has already been there for several weeks and tells me what he knows about the camps, the pressure that mafias and gangs place on the migrants (smugglers, moneyhandlers and keepers, etc.), very strong inter-ethnic tensions (the previous night a brawl between some Afghan and Sudanese refugees left 25 wounded, all over a bicycle), the inertia of the government, the lassitude of the volunteers, and the extremely difficult conditions that are the rule.

Quand tu y réfléchis, la plupart des réfugiés ont parcouru des milliers de kilomètres, dans des conditions que l’on n’ose imaginer, pour venir échouer à 35 km de leur but…Leur récif ? Une zone de non droit, en plein cœur de l’Europe, à 300 km d’une cité de lumière. Ils sont plusieurs milliers à y vivre, quasiment livrés à eux-mêmes et à la lie de l’humanité.

When you think about it, most of the refugees have covered thousands of kilometers, in conditions we don’t dare to imagine, only to fail just 35 kilometers from their goal…And where do they find themselves beached? A no-rights zone, in the heart of Europe, just 300 kilometers from a city of lights. There are several thousands living like this, practically fending for themselves, abandoned to the dregs of society.

Le constat n’est pas d‘une noirceur totale, je pense à cette énergie ressentie à l’entrepôt, dans le camp, cette force partisane, l’espoir, la solidarité et ces sourires qui m’accompagnent aujourd’hui. J’y retournerai, pas que je sois meilleur qu’un autre, pas que j’ai une solution, ni d’idée pour faire avancer les choses. Mais car je suis convaincu, comme tous les autres volontaires, que la seule chose à ne pas faire est de rester les bras croisés.

The result is not all dark. I think of the good energy circulating at the warehouse, in the camp, this unifying strength, the hope, the solidarity and the smiles that stay with me today. I’ll go back, not because I’m better than anyone else, not because I have a solution, nor a precise idea of how to move things forward. But because I’m convinced, like all the other volunteers, that the only thing not to do is keep your arms crossed.

L’association en plus de dons financiers que vous pouvez adresser directement a l’auberge des migrants a besoin de : tentes, bâches, sacs de couchages chauds, vêtements chauds, couvertures, chaussures en cuir sans talons, bottes ou baskets, sous vêtements masculins et féminins (on oublie que beaucoup de femmes vivent dans les camps). Détails en dessous:

In addition to financial donations that you can make here, the auberge des migrants needs: tents, tarpaulins, warm sleeping bags, warm clothing, blankets, leather shoes without heels, boots or sneakers, male and female clothing and underclothes (we forget that a lot of women are living in the camps). Details below:

Hommes / Men:

Chaussures de sport, surtout taille 42 et 43, noir si possible

Sport shoes, especially size 42 and 43, black if possible

Sweats et sweats avec capuche, t-shirt manches longues, taille S et M

Sweatpants and sweatshirts with hood, long-sleeved T shirts, size S and M

Slips neufs, S et M

New sets of underpants/boxers/briefs, S and M

gants/gloves

Femmes / Women:

Leggings, XS, S et M

Pantalons jogging, XS, S et M

Jogging pants, XS, S and M

Culottes neuves, Set M

New sets of underpants, M

Garçons/boys:

Pantalons jogging, tailles 12 à 16 ans

Jogging pants, aged 12-16 years

Jeans, tailles 12 à 16 ans

Jeans, aged 12-16 years

Slips, tailles 12 à 16 ans, ou taille XS et S

Underpants, sized 12-16 years or size XS and S

Tout vetement/chaussure chaud de qualité sera utile mais verifiez les derniers infos sur leur page Facebook.  Je vais bientôt repartir, si vous êtes intéressés pour participer vous pouvez m’envoyer un mail fhenriqu@gmx.com ou me contacter par Facebook et je viendrai chercher vos affaires à Paris.

All clothing/warm shoes of good quality and condition are useful. For more information, email/call the organization directly, or check their Facebook page for an updated list of needs. François will be making another trip to Calais in May with whatever we can collect from friends, so please contact him by email at fhenriqu@gmx.com or on Facebook and he’ll come pick up your donation in Paris.

***

In addition to helping François on his next trip to Calais, those of us at Bonjour Solidarity have just started brainstorming a spring fundraiser for the Auberge des Migrants. We are in the process of gathering together our friends and aquaintances including visual artists, writers, journalists, translators, musicians, and even a therapist willing to donate their creative work, time and energy to this fundraising event. But most of all we need a SPACE! Could you lend us your bar/restaurant/workshop/big aparment or help out by donating a service or something you’ve created? Please email us at bonjoursolidarity@gmail.com or leave a comment here.

Parallèlement, nous avons commencé à réfléchir à une collecte pour l’Auberge des migrants. Nous essayons actuellement de réunir nos amis et connaissances (écrivains, artistes visuels, journalistes, traducteurs, musiciens, et même un thérapeute) ayant à cœur de donner de leur temps, talent et énergie autour d’un évènement destiné à lever des fonds pour l’association. Mais avant tout nous avons besoin d’un LIEU dans Paris ou la région Parisienne. Pourriez vous nous prêter votre bar/restaurant/atelier/grand appartement ? Ou nous aider en offrant vos services, une de vos créations? Cela vous intéresse-t-il de participer ? Si oui, écrivez nous à bonjoursolidarity@gmail.com ou laissez nous un commentaire.

Take the Leftovers, keep the dignity

Beloved Community6_JPWIt was Wednesday and Viviana (not her real name) told me she couldn’t get food until Friday. She had young children at home and was eyeing the leftovers. Viviana and I were in the kitchen of our church in downtown Des Moines, Iowa, a mid-size city in the middle of the United States. Outsiders often cast us unkindly, as bumpkins living in a monolithic cornfield. But our church building is situated on a field of concrete, surrounded by office towers and urban skywalks, artists and musicians, transients and homeless. Our city is evolving and eclectic.

Viviana and I were cleaning up after serving dinner to 150 people from all walks of life. We were volunteers together on a cooking team that puts out a weekly meal free of charge to anyone who walks through the doors (a full-course dinner with vegetarian and gluten-free alternatives). This extravagant supper is a weekly event in our church we call “Beloved Community,” named for an idea popularized by Martin Luther King: we are called not simply to accept others but to delight in others. The best part of our Wednesday night meals, I think, is how we kind of all blend together instead of delineating ourselves by economic status, or who’s in and who’s out.

We don’t say the meal is for destitute people, but destitute people come.

We don’t say the meal is for privileged people, but privileged people come.

It takes a lot of volunteer help to serve a weekly dinner for 150, thus Viviana and I were working together. I couldn’t help noticing how she looked at the food we were putting away.

I suggested she take the leftovers home.

Viviana told me she didn’t want to take food that others might want, but I talked her into it. I placed pizza casserole, salad fixings, and some cherry dessert into containers then into a plastic bag so it wouldn’t look conspicuous. I asked her to wait so I could forage the church refrigerator for more, including a gallon of milk. There were apples and oranges on the counter. Maybe I should have run to the grocery store for a gift card. I could have asked a pastor to come up with financial assistance from a church fund for her. I wanted to fix Viviana’s life right then and there.

This young woman was anguished in at least two ways – she had no food at home and had to ask for the leftovers. I did my best to not hold a look of pity on my face as she told me her cupboards had never looked so bare, that she’d never been in this situation before.

“I’m a giver, not a taker,” Viviana said. And by the way, she worked full time. She had scheduled a few hours of vacation time from her job so she could volunteer her afternoon to cook dinner for Beloved Community.

“We’re all givers and takers,” I said. What do you say to a friend who has no food without sounding patronizing or just plain dumb? In future weeks others joined me in quietly bagging up leftovers for our friend and co-volunteer.

Viviana probably doesn’t even know that she inadvertently started a new practice at our Wednesday night meals. These days we handle leftovers differently. The cooking teams automatically box up the uneaten food after the meals and pile the containers on the buffet line, kind of like a Beloved Community Part II. During the cleanup we announce, “To-go boxes available,” via microphone, removing the embarrassment factor.

I’m not sure who exactly takes the boxes home (besides me sometimes, and our growing population of homeless guests). The boxes simply disappear and when I’m on the clean-up crew that’s exactly what I want to see. One thing I do know: If anyone in that church hall needs food to take home they can pick up a box of the most delicious leftovers in town without giving up their dignity in return. We are the beloved community even if only for a few hours once a week.

Viviana made that happen.

Thanks to Terri Mork Speirs for this post and to Jacqueline Pieart Warming for the photos.

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Global citizens are coming up with other innovative solutions to combating hunger and food waste. France recently passed a law forbidding gaspillage alimentaire (estimated at more than 7 million tons annually) by supermarkets, becoming the first country in the world to do so. Instead of destroying food to discourage foragers, big retailers are now obligated to sign donation contracts with charities or food banks.

This article explains why the process as not as simple as one might like it to be.

Yet despite hurdles, activists are hoping to persuade lawmakers across the European Union to pass similar legislation.

In the US, where an estimated 40 percent of all the food that is produced goes uneaten, coffee chain Starbucks just signed onto a program called FoodShare, which will enable it to donate 100 percent of its unsold food still safe to eat from its 7,600 U.S. stores to food banks. Although the corporation has been donating its surplus pastries since 2010, the new program is hoped to provide five million meals in the first year and nearly 50 million by 2021, when it hopes to attain a 100 percent donation rate.

Pappavada restaurant in Kochi, southwest India recently installed a public refrigerator on the street, where kitchen staff and patrons place takeaway containers and leftovers so that homeless people can help themselves 24/7.

Version francaise:

Prendre les restes, garder sa dignité

 C’était un mercredi et Viviana (le nom a été changé) avait mentionné qu’elle ne pourrait pas s’acheter de quoi manger avant le vendredi. Nous étions dans la cuisine de notre église du centre de Des Moines, une ville moyenne du centre des États-Unis, et cette jeune maman avait l’air d’être très intéressée par les restes…

Les étrangers voient parfois les gens de l’Iowa comme des péquenots plantés au milieu d’un gros champ de maïs. Mais notre église serait plutôt sur un champ de béton, entourée d’immeubles de bureaux et de passerelles pour piétons, d’artistes et de musiciens, de gens de passage et de SDF. Et notre ville est éclectique et en mutation.

Viviana et moi faisions le ménage après avoir servi à manger à 150 personnes de tous horizons. Bénévoles, nous proposons chaque semaine un repas gratuit à quiconque passe la porte d’entrée (entrée-plat-dessert, éventuellement sans gluten ou même végétarien). Cet événement hebdomadaire, nous l’appelons « Communauté aimée » en référence au concept de « Beloved community » popularisé par Martin Luther King : il ne s’agit pas seulement d’accepter l’autre mais de prendre plaisir dans l’autre. Et son élément le plus significatif, à mon avis, est la façon dont nous nous retrouvons ensemble sans nous préoccuper de savoir qui est qui. Sans barrières sociales.

On ne dit d’ailleurs pas que ce repas est fait pour des gens qui n’ont rien, mais que des gens qui n’ont rien y participent.

On ne dit pas non plus que ce repas est fait pour des gens privilégiés, mais que des gens privilégiés y assistent.

Il faut beaucoup de bénévoles pour organiser un repas pour 150 personnes et en travaillant avec Viviana, j’aurais eu du mal à ne pas remarquer la manière dont elle observait la nourriture que nous étions en train de débarrasser.

« Pourquoi ne rapporte-tu pas les restes chez toi ? », je lui avais demandé.

« Non, je ne préfère pas. Il y a d’autres gens qui pourraient en avoir besoin », elle avait répondu.

Mais je m’étais débrouillée pour la convaincre et j’avais mis de la pizza, de la salade et un dessert à la cerise dans des tupperwares avant de placer le tout dans un sac en plastique pour que ça ne se remarque pas trop. J’avais aussi récupéré d’autres trucs dans le frigo de l’église, dont un bidon de lait. Plus les pommes et les oranges qui étaient sur le comptoir.

J’avais même pensé courir jusqu’à l’épicerie pour lui prendre un bon d’achat ou demander au pasteur un don sur les fonds de l’église : je voulais régler tous les soucis de Viviana sur le champ…

Elle était embêtée pour deux raisons : n’avoir rien à manger à la maison et devoir demander des restes. J’avais donc fait de mon mieux pour ne pas avoir l’air de la prendre en pitié lorsqu’elle m’avait dit qu’elle n’avait jamais vu ses placards aussi vide ; qu’elle n’avait encore jamais connu une situation pareille.

« Je suis quelqu’un qui donne, pas quelqu’un qui prend », elle avait expliqué. D’ailleurs, elle avait un boulot à plein temps et prenait même sur ses congés pour participer à l’organisation du repas.

« Tout le monde prend et tout le monde donne », j’avais répondu. Mais que dit-on à un ami qui n’a rien à manger sans sonner condescendant ou simplement stupide ? Et les semaines suivantes, d’autres bénévoles s’étaient mis à emballer des restes pour elle.

Viviana ne sait probablement même pas qu’elle est à l’origine d’une nouvelle tradition pour nos dîners du mercredi. Désormais, les équipes de cuisine emballent systématiquement les restes et empilent des tupperwares sur les tables. C’est la « Beloved community » deuxième partie. Au moment du ménage, on annonce que les plats à emporter sont prêts au micro, ce qui élimine la gêne.

Je ne sais pas exactement qui prend ces boîtes (à part moi de temps en temps, et le nombre de plus en plus important de SDF parmi les convives…). Mais les boîtes disparaissent et, lorsque je suis de nettoyage, c’est exactement ce que j’ai envie de voir se produire.

Une chose que je sais, en tout cas, c’est que quiconque a besoin de nourriture pour la maison, peut emporter ces restes délicieux sans y laisser sa dignité. Nous sommes bien la communauté aimée de Martin Luther King, même si c’est seulement pour quelques heures par semaine.

Et c’est grâce à Viviana.

Merci à  Terri Mork Speirs pour ce texte à Jacqueline Pieart Warming pour les photos.

***

Des citoyens partout dans le monde inventent des solutions permettant de combattre le gaspillage et la faim. La France vient ainsi de promulguer une loi interdisant le gaspillage alimentaire des supermarchés (plus de 10 millions de tonnes chaque année)[1], devenant le premier pays à prendre une décision de ce genre. Au lieu de détruire de la nourriture ou de décourager les glaneurs, les chaînes sont obligées de signer des contrats de donation avec des organismes caritatifs.

Cet article explique en quoi ce n’est pas si simple en termes d’organisation :

Pour autant, et en dépit de ces difficultés logistiques, des militants espèrent convaincre les parlementaires de toute l’Union européenne de suivre cet exemple. Et aux États-Unis, où 40% de toute la nourriture est gaspillée selon certaines estimations, Starbucks vient de créer FoodShare, un programme qui permettra de donner 100% des invendus de ses 7600 établissements à des banques alimentaires. La chaîne de fast-food donnait déjà ses pâtisseries depuis 2010, mais ce nouveau dispositif pourrait générer 5 millions de repas la première année, voire atteindre 50 millions de repas par an si 100% des invendus sont récupérés.

Pappavada, un restaurant de Kochi, dans le sud-ouest de l’Inde, a récemment installé un réfrigérateur public dans la rue, dans lequel ses employés et ses clients peuvent déposer des plats à emporter ou des restes et où les SDF peuvent se servir quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit.

[1]    http://agriculture.gouv.fr/alimentation/les-chiffres-du-gaspillage-alimentaire

 

 

Le gâteau de Madeleine

Un jour, un ami me parlait de son père disparu. Il me disait que celui-ci lui manquait, qu’il aurait aimé connaître son regard sur le monde actuel, sur la vie de ses proches et il avait conclu en me disant : « comme on pense encore à lui, comme on parle encore de lui, il n’est pas tout à fait parti ».

One day, a friend told me about losing his father. He spoke of how he missed him, how he would have liked to have his father’s perspective on today’s world and the lives of those close to them. He concluded by telling me, “Since we are still thinking of him, still talking about him, it’s like he’s not completely gone.”

J’ai eu la joie de connaître mes quatre grands-parents, deux arrière-grand-mères, mais aussi d’autres « personnes âgées » proches de ma famille. Au plus loin dans mes souvenirs, Madeleine est une ravissante « vieille dame ». Elle était la mère de Luc, le cousin adoré de mon grand-père René. Je me souviens de visites dans son pavillon de banlieue et du magnifique cerisier de son jardin (des cerises Napoléon).

I was fortunate enough to get to know all four of my grandparents—two great grandmothers in addition to other “elderly people” close to my family. In my earliest memories, Madeline was a ravishing “old lady.” She was the mother of Luc, the adored cousin of my grandfather René. I remember visits to his suburban house and the magnificent Napoleon cherry tree in his garden.

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Madeleine c’est l’adulte la plus à gauche/Madeleine, top left

Madeleine nous a quitté depuis longtemps et pourtant, elle est toujours présente pour moi. Elle a transmis à ma mère une recette qui est devenu le « gâteau de Madeleine », ma mère me l’a apprise et je vous la donne à mon tour…

Madeline left us a long time ago and yet she is somehow still present for me. She gave my mother a recipe that has become “Aunt Madeline’s cake.” My mother taught me how to make it and now I’m passing it on to you…

J’aime beaucoup ce gâteau. D’abord, il est délicieux, à la fois fondant, moelleux et croustillant. On peut facilement mémoriser ses ingrédients, en adapter la taille avec les mesures en cuillerées, il ne nécessite pas de matériel compliqué et on peut le réaliser avec les fruits qu’on a sous la main. Une sorte de pâtisserie « tout terrain »… Et puis, à chaque fois que je prépare ce gâteau, j’ai une pensée pour Madeleine et comme il est très bon, on me demande souvent sa recette (et qui est cette Madeleine dont c’est LE gâteau). Et je me dis que toutes ces personnes qui n’ont jamais connu Madeleine pensent à elle. Qu’ils se la figurent peut-être à l’image de son gâteau, une vieille dame simple et douce, mais avec « un petit plus » (comme la croûte caramélisée de la recette).

I really like this cake. First of all, it’s delicious: all at once soft, crispy and melting in your mouth. The ingredients are easily memorized, the size and the fruit easily adapted according to what one has on hand. A sort of “all terrain” pastry. And every time I make this cake, I think of Madeline. Since it’s so tasty, people often ask for the recipe (as well as, “Who is this Madeline the cake is named for?”) and I tell myself that all these people who never knew Madeleine are thinking of her, maybe imagining her in the image of the cake, a sweet and simple old lady, but with an “extra touch” (like the caramelized crust of the recipe).

L’idée que le souvenir d’une personne disparue ait le goût d’un dessert me semble très réjouissante… pas à vous ?

I love the idea that the memory of a person we’ve lost can come forth in the taste of a dessert …what about you?

-poste par notre chère amie Aurélie Prissette. Trouvez ces dernières photographies ici  + un site bientôt en ligne…

post by our dear friend Aurélie Prissette. Check out her recent photography work here (website on its way).

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Voici la recette:

Gâteau aux poires de ma grand-tante Madeleine

  • mettre au fond du moule 3 ou 4 poires coupées en fines tranches.
  • Mélanger dans un saladier :

                        5 cuil. à soupe de farine

                        4 cuil. à soupe de sucre en poudre

                        3 cuil. à soupe de lait

                        2 cuil. à soupe d’huile de tournesol

                        1 œuf

                        ½ sachet de levure

et verser la préparation sur les tranches de poires

  • Faire cuire 25 min à four moyen
  • Préparer une crème : mélanger 50 g de beurre salé fondu avec 100 g de sucre en poudre, 1 œuf et un sachet de sucre vanillé.
  • Verser la crème sur le gâteau et terminer la cuisson (15 min) jusqu’à ce que la crème soit bien caramélisée sur le gâteau.

Great Aunt Madeline’s pear cake

-Thinly slice three or four pears and place them at the bottom of a cake pan.

-In a bowl mix together:

5 tablespoons flour

4 tbsp powdered sugar

3 tbsp milk

2 tbsp sunflower oil

1 egg

½ packet of baker’s yeast

Then pour the mixture over the sliced pears.

-Bake for 25 minutes at medium heat.

-Prepare the cream: melted 50g of salted butter and mix with 100g of powdered sugar, 1 egg and 1 packet of vanilla sugar.

-Pour the cream over the cake and return to the oven (about 15 minutes) until the cream is caramelized.


 

 

La Porte

Bravo Paris! These new stickers on the doors at Strasbourg St. Denis metro station read, “I’m nice, I hold the door. :)”  A gesture that is common courtesy in my small Midwestern hometown calls for a reminder in big-city Paris, along with a hashtag and various forms of emoji approval. Whatever it takes!

Bravo Paris! Il y a de nouveaux autocollants sur les portes de la station de métro Strasbourg Saint-Denis.  Un geste qui, dans ma petite ville natale du Midwest est de la courtoisie elementaire, exige un petit rappel à une grande ville comme Paris, avec un hashtag et diverses formes de louange en emoticon. Il faut ce qu’il faut !

-DV

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#1pieceofrubbish #1dechetparjour

France’s second largest city rarely inspires mixed opinions. One either falls quickly in love with the ancient port’s gritty streets, outspoken locals and Mistral (the cold, dry wind from the Rhone that folklore predicts will roll in for sets of three, six or nine days) or dismisses Marseille as a backward provincial capital largely devoid of intellectuals and highbrow culture.

La deuxième ville de France laisse rarement indifférent : soit l’on tombe immédiatement amoureux de ses rues mal entretenues, de ses habitants pour le moins expansifs et de son Mistral (ce vent froid et sec venu du Rhône censé souffler par séries de 3, 6 ou 9 jours), soit on la réduit à son cliché de capitale provinciale arriérée sans vie intellectuelle ou culturelle.

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I’m in the former camp, finding something in the side streets of le Panier, Camas or La Plaine that conjure up constant déjà vus of the outer boroughs of New York that fascinated me throughout the 1980s and 1990s.

Personnellement, je ferais plutôt partie du premier groupe, les petites rues du Panier, du Camas ou de la Plaine m’évoquant les faubourgs de New York qui me fascinait tant dans les années 80/90…

But fans and detractors alike agree on one thing: unlike most other French cities, Marseille has a litter problem.

Pour autant, fans comme détracteurs se retrouvent tous sur un point : à l’inverse de la plupart des autres villes françaises, Marseille a un problème de propreté. 

Last Sunday we ambled along the Canebière, the main and former grand avenue of fashionable boutiques and cinemas, now bursting with gaudy discount and chain stores stretching for more than a kilometer from les Reformés Church to the Old Port. Arriving from Paris the night before, I’d remarked upon the wide pavements strewn with trash.

Dimanche dernier, nous avons d’ailleurs parcouru la Canebière – une avenue autrefois prestigieuse et bordée de boutiques chics et de cinémas n’attirant plus que des bazars discounts et des magasins de chaînes – sur un kilomètre entre l’église des Réformés et le Vieux-Port. Arrivée la veille de Paris, j’avais remarqué les larges trottoirs jonchés de de détritus .

“Well, no matter what it is,” said my host, “The Marseillais is against it. Which naturally extends to the use of public trash bins.”

« De toute manière, avait expliqué mon hôte, le Marseillais est hostile à tout, usage des poubelles de rue compris ».

The same seems to go for picking up dog poop. Although the street crotte situation has improved since I moved to Paris more than a decade ago, the dog-owning Marseille resident still tends to look away whenever his canine takes care of business. Hence the presence of “décrottoirs” on the pavement outside the entrances to most buildings, a convenient flat piece of shoe-level iron upon which one can scrape her soles to remove any lingering clumps of what one hopes is animal excrement.

Idem pour le ramassage des crottes de chiens. Bien que la situation sur ce front ait évolué depuis mon installation à Paris il y a plus de dix ans, les propriétaires marseillais de chiens ont encore tendance à ne pas trop se préoccuper de ce que leur animal abandonne derrière lui dans la rue. D’où la présence de « décrottoirs » à l’entrée de la plupart des immeubles anciens ; des lames de métal serties dans les murs et sur lesquelles on peut se débarrasser des derniers fragments d’excréments canins involontairement collectés sur son chemin.

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We were trying to catch up with Edmund Platt, the brains behind “1 Piece of Rubbish, a group trying to change this lackadaisical attitude via community outreach, social media and local events like the “Zero Trash Challenge.” Eddie and his and his co-conspirators George-Edouard and Romain launched a citizens’ initiative in mid-September and officially registered themselves as a nonprofit at the end of January, 2016.

Sur la Canebière, on souhaitrait retrouver Edmund Platt, le cerveau d’ « Un déchet par jour », le collectif cherchant à stimuler le sens civique des locaux via les réseaux sociaux et l’organisation d’opérations comme le « Défi Zéro déchet ». Eddie et ses co-conspirateurs Georges-Edouard et Romain ont lancé cette initiative à la mi-septembre 2015 et se sont officiellement constitués en association Loi 1901 en janvier 2016.

Tall and clad in hipster gear including a black and white baseball cap proclaiming “Sorry I’m fresh” and a pin identifying him as a “Marseillais d’adoption,” Platt is a 38-year-old from Leeds, England. After hitchhiking to Marseille four years ago, he fell in love with the city and stayed. He makes his living as an English teacher and, according to his website, “has more belts than socks.”

Plutôt grand, habillé en hipster, une casquette noire et blanche proclamant « Sorry I’m fresh » sur la tête et un pins « Marseillais d’adoption » au blouson, Platt est un presque quadragénaire originaire de Leeds, Angleterre. Débarqué en stop quatre ans plus tôt, il est tombé amoureux de la ville et s’y est installé. Il gagne sa vie en donnant des cours d’anglais et, au moins d’après son site internet, posséderait « davantage de ceintures que de chaussettes ».

The concept is summed up pretty well by the title: pick up trash wherever it’s encountered, take a photo or video, throw the item away, and post your image on social networks with the hashtag #1pieceofrubbish. Challenge five friends to do the same, then repeat daily…

Son idée est assez bien résumé par son titre : ramassez un détritus sur votre chemin, prenez-le en photo ou filmez-le, mettez-le à la poubelle et postez votre image sur les réseaux sociaux avec le hashtag #1déchetparjour. Demandez à 5 amis d’en faire autant, recommencez le lendemain…

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Eddie doesn’t stake any claims on the idea. “Je suis personne,” he said through a megaphone to the fifty some-odd volunteer trash collectors (including dozens of children) milling about at the head of the Old Port. “I’m nobody special. I just love this city.”

Eddie ne prétend toutefois pas avoir inventé le concept. « Je ne suis personne », il a d’ailleurs rappelé au mégaphone à la cinquantaine de de volontaires (dont de nombreux enfants ) présents sur le Vieux-Port. « C’est juste que j’aime cette ville ».

He announced that Sunday afternoon’s efforts had resulted in 1,800 kg of trash, an amount that garnered a rousing round of applause from the volunteers. The initiative estimates that by the end of February it had already picked up a total of 6,606 kg of rubbish since it started last fall. And the concept is catching on in other French cities such as Lyon and Versailles as well as internationally, thanks to the hashtag. So far, citizens in New York, Los Angeles, London, Dublin, Mexico City and Buenos Aires have been sharing their own #1pieceofrubbish photos on social media, resulting in an estimated total of two extra tons of trash off the streets.

Selon lui, 1800 kg de déchets ont été ramassées, ce seul dimanche, portant le total des collectes depuis septembre à 6600 kg. Et l’idée fait déjà des petits en France, ayant été reprise à Lyon et à Versailles, mais aussi à l’étranger grâce à la diffusion de son hashtag. New York, Los Angeles, Londres, Dublin, Mexico et Buenos Aires diffusent ainsi leur propre #1pieceofrubbish sur les réseaux sociaux, contribuant de deux tonnes à la pile marseillaise de détritus.

That afternoon I also met Abdes Bengorine, who can be seen below holding a clear garbage bag weighing about 7 kg, which he estimated to contain between 32-33,000 cigarette butts. His nonprofit Recyclop (a pun since clope is French slang for cigarette) aims to raise awareness of the local environment by collecting and recycling cigarette ends.

Cet après-midi, j’ai aussi rencontré Abdes Bengorine, que l’on peut voir ci-dessous tenant un sac-poubelle de 7 kilos contenant quelque 32 000 mégots. Son association, Recyclop, cherche à aider à la prise de conscience environnementales en collectant et en recyclant les restes de cigarettes.

Abdes’ first hope is simply to reduce the sheer number by convincing Marseille residents to dispose of their butts in an ashtray or bin instead of on the street or the beach. By his own calculations, Marseille’s 250,000 smokers produce about 2300 cigarettes a minute, which works out to 3.25 million a day and  1 billion cigarette butts (or 200 tons) annually. Globally, an estimated 1.7 billion smokers in 2014 produced 5 trillion cigarette butts weighing 1 millon tons, which translates to 15 billion a day.

La principale motivation d’Abdes est de réduire le nombre de mégots en convainquant les Marseillais d’utiliser un cendrier ou une poubelle plutôt que la rue ou même la plage. D’après ses propres calculs, les 250 000 fumeurs marseillais produiraient 2 300 mégots à la minute soit 3,25 millions par jour et un milliard par an (200 tonnes). A l’échelle mondiale, 1,7 milliard de fumeurs ont d’ailleurs produit 5000 milliards de mégots en 2014 (1 million de tonnes), soit 15 milliards par jour.

 

IMG_20160306_163437 He started picking up garbage from Marseille’s coastline along with his 14-year-old son, Lou, who’s a big supporter of the cause. “It’s for his future that I keep going,” he told me.

Il a commencé à ramasser des déchets le long des côtes marseillaises avec son fils de 14 ans, Lou, lequel est un grand supporter de la cause. « C’est en partie pour son futur que je n’ai pas laché le morceau,» m’a-t-il affirmé.

But extracting the cellulose from used cigarettes and transforming it into garden chairs or construction panels is a costly affair. Recyclop, for example, will have to come up with about 150 euros, or about 1 centime per cigarette butt, to recycle the bag Abdes is holding above. US-based TerraCycle is at the forefront of this kind of work, partnering with individual collectors to “elminate the idea of waste by recycling the ‘non recyclable’ whether it’s coffee capsules from your home, pens from a school, or plastic gloves from a manufacturing facility.”

Mais extraire la cellulose des filtres usagés pour la transformer en mobilier de jardin coûte cher. Recyclop, par exemple, doit réunir 150 euros, soit 1 centime par mégot, pour recycler le contenu du sac que Abdes tient en main. Les Américains de TerraCycle sont à la pointe de ce domaine : en partenariat avec des ramasseurs individuels, ils tentent d’éliminer l’idée de gaspillage en « recyclant le non-recyclable » (capsules de café, stylos, gants industriels en plastique…).

Effective early October 2015, the city of Paris passed a law enabling it to fine smokers 68 euros for that habitual downward flick of the wrist. Instead of tossing their butts on the ground, Abdes hopes Marseille residents will be inspired to make their own pocket ashtray like this one he gave me, a recycled film canister with a bottle cap glued to the bottom.

Depuis le 1er octobre dernier, les Parisiens continuant à jeter leurs mégots à terre peuvent se voir délivrer une amende de 68 euros. Abdes espère voir cette nouvelle réglementation dans la capitale amener les Marseillais à fabriquer leurs propres cendriers de poche, à l’exemple de celui qu’il m’a donné : une simple capsule de bouteille collée au fond d’un emballage de pellicule photo.

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Recyclop is seeking partners to exchange ideas and research long-term solutions to this challenge. Reach Abdes via email at contact@recyclop.org.

Recyclop cherche des partenaires avec lesquels échanger des idées et chercher des solutions de long-terme pour relever ce défi. On peut le joindre par mail à contact@recyclop.org.

A few disgruntled city sanitation workers were also on the scene, appearing to take the group’s actions personally. “All this garbage is not our fault,” blurted out one man in a bright blue jumpsuit. He blamed the Mistral for constantly blowing things about and exacerbating the litter problem.

Quelques cantonniers municipaux ont fait leur apparition, semblant prendre l’initiative du groupe comme une attaque personnelle : « Tous ces détritus, ce n’est pas notre faute ! », s’est exclamé un homme en bleu de travail. Il a accusé le Mistral d’exacerber le problème des déchets.

Things between a couple of citizen activists and garbage men were heating up until the tall Englishman intervened. “Hey, it’s nobody’s fault,” he said amicably. “We just want to convince Marseillais that if everyone throws away his own trash and picks up one extra piece a day, we can make this city look great.”

Le ton a même fini par monter entre un couple de volontaires et les employés municipaux, forçant le grand anglais à intervenir. « Hey ce n’est la faute de personne, il a gentiment expliqué : on veut juste convaincre les Marseillais que si tout le monde mettait ses propres déchets à la poubelle et en ramassait un, la ville aurait une super allure ».

The man in uniform couldn’t argue with that.

L’homme en uniforme pouvait difficilement le contredire.

-CB

If you happen to be in Marseille in the next few weeks, head over to the Villa Mediterranée for the exhibition on The Plastic Garbage Project.  It runs from March 1-April 23. If you’re lucky, Abdes will be on hand manning the Recyclop stand.

Si vous êtes à Marseille dans les semaines qui viennent, faites un tour à la villa Méditerranée où se tient l’expo « The Plastic Garbage Project » jusqu’au 23 avril. Si vous avez de la chance, vous tomberez sur Abdes tenant le stand Recyclop.

Beats Across Borders

A couple of weeks ago my neighbor Maud invited me to a benefit concert. Her funk/jazz band, Chill Beenz, was getting back together to help raise money for refugees through an organization at her university, Sciences Po. I didn’t even know she had a group. Turns out, they’re talented, with big hearts and lots of friends and fans, who turned up to see them and two other groups play the Alimentation Générale in Paris’ 11th arrondissement, collectively raising 2800€.

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Chill Beenz members Akos Palencsar, Maud Koenig-O’Carrol and Daniel Nothaft

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Emilie dLF, rapper, singer, saxophone player, jumping in

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Emilie dLF and Maud Koenig-O’Carroll

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Spleen comes up on stage from the shadows to sing with Chill Beenz

(Here’s) a video of Paul & Dafne opening the evening.-DV.


Sciences Po Refugee Help
is an association that brings together citizens concerned about the current refugee crisis unfolding in Europe.

Our 5 teams (Administration, Material Needs, French Lessons, Asylum Aid, & Social Activities) are ready to take care of refugees as soon as we make first contact with them in camps and centres. We provide them with administrative, material, educational support, as well as companionship.

Our objective is to accompany refugees during the asylum-seeking process in France through fundraising (which will help us deploy more resources), by raising awareness on the cause (by hosting events within and outside of Sciences Po) and by institutionalising solidarity within our university and beyond.

Our Facebook page : www.facebook.com/sciencesporefugeehelp

Our crowdfunding page : www.gofundme.com/westandtogether/

Sciences Po Refugee Help est une association qui rassemble les citoyens qui se sentent concernés par la crise des réfugiés qui se déroule aujourd’hui en Europe.

Nos 5 équipes (Administration, Besoins Matériels, Cours de Français, Aide à la Demande d’Asile, Activités Sociales) sont prêtes à suivre les réfugiés dès qu’ils arrivent dans les centres ou les camps. Nous offrons de l’aide dans toutes leurs démarches administratives, ainsi qu’un support émotionnel et moral.

Nous nous sommes engagés à suivre et à accompagner les réfugiés pendant leurs démarches d’obtention du statut de réfugié. C’est pourquoi nous avons lancé une campagne de levée de fonds pour sensibiliser la population sur une cause essentielle, et pour institutionnaliser la solidarité au sein de notre université et de notre société au sens large.

Notre page Facebook : www.facebook.com/sciencesporefugeehelp

Notre campagne de crowdfunding : www.gofundme.com/westandtogether/