#1pieceofrubbish #1dechetparjour

France’s second largest city rarely inspires mixed opinions. One either falls quickly in love with the ancient port’s gritty streets, outspoken locals and Mistral (the cold, dry wind from the Rhone that folklore predicts will roll in for sets of three, six or nine days) or dismisses Marseille as a backward provincial capital largely devoid of intellectuals and highbrow culture.

La deuxième ville de France laisse rarement indifférent : soit l’on tombe immédiatement amoureux de ses rues mal entretenues, de ses habitants pour le moins expansifs et de son Mistral (ce vent froid et sec venu du Rhône censé souffler par séries de 3, 6 ou 9 jours), soit on la réduit à son cliché de capitale provinciale arriérée sans vie intellectuelle ou culturelle.

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I’m in the former camp, finding something in the side streets of le Panier, Camas or La Plaine that conjure up constant déjà vus of the outer boroughs of New York that fascinated me throughout the 1980s and 1990s.

Personnellement, je ferais plutôt partie du premier groupe, les petites rues du Panier, du Camas ou de la Plaine m’évoquant les faubourgs de New York qui me fascinait tant dans les années 80/90…

But fans and detractors alike agree on one thing: unlike most other French cities, Marseille has a litter problem.

Pour autant, fans comme détracteurs se retrouvent tous sur un point : à l’inverse de la plupart des autres villes françaises, Marseille a un problème de propreté. 

Last Sunday we ambled along the Canebière, the main and former grand avenue of fashionable boutiques and cinemas, now bursting with gaudy discount and chain stores stretching for more than a kilometer from les Reformés Church to the Old Port. Arriving from Paris the night before, I’d remarked upon the wide pavements strewn with trash.

Dimanche dernier, nous avons d’ailleurs parcouru la Canebière – une avenue autrefois prestigieuse et bordée de boutiques chics et de cinémas n’attirant plus que des bazars discounts et des magasins de chaînes – sur un kilomètre entre l’église des Réformés et le Vieux-Port. Arrivée la veille de Paris, j’avais remarqué les larges trottoirs jonchés de de détritus .

“Well, no matter what it is,” said my host, “The Marseillais is against it. Which naturally extends to the use of public trash bins.”

« De toute manière, avait expliqué mon hôte, le Marseillais est hostile à tout, usage des poubelles de rue compris ».

The same seems to go for picking up dog poop. Although the street crotte situation has improved since I moved to Paris more than a decade ago, the dog-owning Marseille resident still tends to look away whenever his canine takes care of business. Hence the presence of “décrottoirs” on the pavement outside the entrances to most buildings, a convenient flat piece of shoe-level iron upon which one can scrape her soles to remove any lingering clumps of what one hopes is animal excrement.

Idem pour le ramassage des crottes de chiens. Bien que la situation sur ce front ait évolué depuis mon installation à Paris il y a plus de dix ans, les propriétaires marseillais de chiens ont encore tendance à ne pas trop se préoccuper de ce que leur animal abandonne derrière lui dans la rue. D’où la présence de « décrottoirs » à l’entrée de la plupart des immeubles anciens ; des lames de métal serties dans les murs et sur lesquelles on peut se débarrasser des derniers fragments d’excréments canins involontairement collectés sur son chemin.

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We were trying to catch up with Edmund Platt, the brains behind “1 Piece of Rubbish, a group trying to change this lackadaisical attitude via community outreach, social media and local events like the “Zero Trash Challenge.” Eddie and his and his co-conspirators George-Edouard and Romain launched a citizens’ initiative in mid-September and officially registered themselves as a nonprofit at the end of January, 2016.

Sur la Canebière, on souhaitrait retrouver Edmund Platt, le cerveau d’ « Un déchet par jour », le collectif cherchant à stimuler le sens civique des locaux via les réseaux sociaux et l’organisation d’opérations comme le « Défi Zéro déchet ». Eddie et ses co-conspirateurs Georges-Edouard et Romain ont lancé cette initiative à la mi-septembre 2015 et se sont officiellement constitués en association Loi 1901 en janvier 2016.

Tall and clad in hipster gear including a black and white baseball cap proclaiming “Sorry I’m fresh” and a pin identifying him as a “Marseillais d’adoption,” Platt is a 38-year-old from Leeds, England. After hitchhiking to Marseille four years ago, he fell in love with the city and stayed. He makes his living as an English teacher and, according to his website, “has more belts than socks.”

Plutôt grand, habillé en hipster, une casquette noire et blanche proclamant « Sorry I’m fresh » sur la tête et un pins « Marseillais d’adoption » au blouson, Platt est un presque quadragénaire originaire de Leeds, Angleterre. Débarqué en stop quatre ans plus tôt, il est tombé amoureux de la ville et s’y est installé. Il gagne sa vie en donnant des cours d’anglais et, au moins d’après son site internet, posséderait « davantage de ceintures que de chaussettes ».

The concept is summed up pretty well by the title: pick up trash wherever it’s encountered, take a photo or video, throw the item away, and post your image on social networks with the hashtag #1pieceofrubbish. Challenge five friends to do the same, then repeat daily…

Son idée est assez bien résumé par son titre : ramassez un détritus sur votre chemin, prenez-le en photo ou filmez-le, mettez-le à la poubelle et postez votre image sur les réseaux sociaux avec le hashtag #1déchetparjour. Demandez à 5 amis d’en faire autant, recommencez le lendemain…

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Eddie doesn’t stake any claims on the idea. “Je suis personne,” he said through a megaphone to the fifty some-odd volunteer trash collectors (including dozens of children) milling about at the head of the Old Port. “I’m nobody special. I just love this city.”

Eddie ne prétend toutefois pas avoir inventé le concept. « Je ne suis personne », il a d’ailleurs rappelé au mégaphone à la cinquantaine de de volontaires (dont de nombreux enfants ) présents sur le Vieux-Port. « C’est juste que j’aime cette ville ».

He announced that Sunday afternoon’s efforts had resulted in 1,800 kg of trash, an amount that garnered a rousing round of applause from the volunteers. The initiative estimates that by the end of February it had already picked up a total of 6,606 kg of rubbish since it started last fall. And the concept is catching on in other French cities such as Lyon and Versailles as well as internationally, thanks to the hashtag. So far, citizens in New York, Los Angeles, London, Dublin, Mexico City and Buenos Aires have been sharing their own #1pieceofrubbish photos on social media, resulting in an estimated total of two extra tons of trash off the streets.

Selon lui, 1800 kg de déchets ont été ramassées, ce seul dimanche, portant le total des collectes depuis septembre à 6600 kg. Et l’idée fait déjà des petits en France, ayant été reprise à Lyon et à Versailles, mais aussi à l’étranger grâce à la diffusion de son hashtag. New York, Los Angeles, Londres, Dublin, Mexico et Buenos Aires diffusent ainsi leur propre #1pieceofrubbish sur les réseaux sociaux, contribuant de deux tonnes à la pile marseillaise de détritus.

That afternoon I also met Abdes Bengorine, who can be seen below holding a clear garbage bag weighing about 7 kg, which he estimated to contain between 32-33,000 cigarette butts. His nonprofit Recyclop (a pun since clope is French slang for cigarette) aims to raise awareness of the local environment by collecting and recycling cigarette ends.

Cet après-midi, j’ai aussi rencontré Abdes Bengorine, que l’on peut voir ci-dessous tenant un sac-poubelle de 7 kilos contenant quelque 32 000 mégots. Son association, Recyclop, cherche à aider à la prise de conscience environnementales en collectant et en recyclant les restes de cigarettes.

Abdes’ first hope is simply to reduce the sheer number by convincing Marseille residents to dispose of their butts in an ashtray or bin instead of on the street or the beach. By his own calculations, Marseille’s 250,000 smokers produce about 2300 cigarettes a minute, which works out to 3.25 million a day and  1 billion cigarette butts (or 200 tons) annually. Globally, an estimated 1.7 billion smokers in 2014 produced 5 trillion cigarette butts weighing 1 millon tons, which translates to 15 billion a day.

La principale motivation d’Abdes est de réduire le nombre de mégots en convainquant les Marseillais d’utiliser un cendrier ou une poubelle plutôt que la rue ou même la plage. D’après ses propres calculs, les 250 000 fumeurs marseillais produiraient 2 300 mégots à la minute soit 3,25 millions par jour et un milliard par an (200 tonnes). A l’échelle mondiale, 1,7 milliard de fumeurs ont d’ailleurs produit 5000 milliards de mégots en 2014 (1 million de tonnes), soit 15 milliards par jour.

 

IMG_20160306_163437 He started picking up garbage from Marseille’s coastline along with his 14-year-old son, Lou, who’s a big supporter of the cause. “It’s for his future that I keep going,” he told me.

Il a commencé à ramasser des déchets le long des côtes marseillaises avec son fils de 14 ans, Lou, lequel est un grand supporter de la cause. « C’est en partie pour son futur que je n’ai pas laché le morceau,» m’a-t-il affirmé.

But extracting the cellulose from used cigarettes and transforming it into garden chairs or construction panels is a costly affair. Recyclop, for example, will have to come up with about 150 euros, or about 1 centime per cigarette butt, to recycle the bag Abdes is holding above. US-based TerraCycle is at the forefront of this kind of work, partnering with individual collectors to “elminate the idea of waste by recycling the ‘non recyclable’ whether it’s coffee capsules from your home, pens from a school, or plastic gloves from a manufacturing facility.”

Mais extraire la cellulose des filtres usagés pour la transformer en mobilier de jardin coûte cher. Recyclop, par exemple, doit réunir 150 euros, soit 1 centime par mégot, pour recycler le contenu du sac que Abdes tient en main. Les Américains de TerraCycle sont à la pointe de ce domaine : en partenariat avec des ramasseurs individuels, ils tentent d’éliminer l’idée de gaspillage en « recyclant le non-recyclable » (capsules de café, stylos, gants industriels en plastique…).

Effective early October 2015, the city of Paris passed a law enabling it to fine smokers 68 euros for that habitual downward flick of the wrist. Instead of tossing their butts on the ground, Abdes hopes Marseille residents will be inspired to make their own pocket ashtray like this one he gave me, a recycled film canister with a bottle cap glued to the bottom.

Depuis le 1er octobre dernier, les Parisiens continuant à jeter leurs mégots à terre peuvent se voir délivrer une amende de 68 euros. Abdes espère voir cette nouvelle réglementation dans la capitale amener les Marseillais à fabriquer leurs propres cendriers de poche, à l’exemple de celui qu’il m’a donné : une simple capsule de bouteille collée au fond d’un emballage de pellicule photo.

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Recyclop is seeking partners to exchange ideas and research long-term solutions to this challenge. Reach Abdes via email at contact@recyclop.org.

Recyclop cherche des partenaires avec lesquels échanger des idées et chercher des solutions de long-terme pour relever ce défi. On peut le joindre par mail à contact@recyclop.org.

A few disgruntled city sanitation workers were also on the scene, appearing to take the group’s actions personally. “All this garbage is not our fault,” blurted out one man in a bright blue jumpsuit. He blamed the Mistral for constantly blowing things about and exacerbating the litter problem.

Quelques cantonniers municipaux ont fait leur apparition, semblant prendre l’initiative du groupe comme une attaque personnelle : « Tous ces détritus, ce n’est pas notre faute ! », s’est exclamé un homme en bleu de travail. Il a accusé le Mistral d’exacerber le problème des déchets.

Things between a couple of citizen activists and garbage men were heating up until the tall Englishman intervened. “Hey, it’s nobody’s fault,” he said amicably. “We just want to convince Marseillais that if everyone throws away his own trash and picks up one extra piece a day, we can make this city look great.”

Le ton a même fini par monter entre un couple de volontaires et les employés municipaux, forçant le grand anglais à intervenir. « Hey ce n’est la faute de personne, il a gentiment expliqué : on veut juste convaincre les Marseillais que si tout le monde mettait ses propres déchets à la poubelle et en ramassait un, la ville aurait une super allure ».

The man in uniform couldn’t argue with that.

L’homme en uniforme pouvait difficilement le contredire.

-CB

If you happen to be in Marseille in the next few weeks, head over to the Villa Mediterranée for the exhibition on The Plastic Garbage Project.  It runs from March 1-April 23. If you’re lucky, Abdes will be on hand manning the Recyclop stand.

Si vous êtes à Marseille dans les semaines qui viennent, faites un tour à la villa Méditerranée où se tient l’expo « The Plastic Garbage Project » jusqu’au 23 avril. Si vous avez de la chance, vous tomberez sur Abdes tenant le stand Recyclop.

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Treasure…

is everywhere, if you’re willing to do some dirty work. Dani took a photograph of this little boy collecting fallen confetti at a street fair in Switzerland. She hoped the project was his idea and not a punishment…The look of concentration on his face makes me think not.

It reminds me of the starfish parable: the one about the kid who notices hundreds of starfish washing up on the beach and starts walking them back to the sea, one-by-one. An old man comes by and asks him, “Do you really think you’re making a difference?” and the boy says, “It makes a difference to this one!” and throws one more back before turning back to his work.

I’m just happy no grown-ups told this kid his task was futile.
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Recycling confetti in Bern, Switzerland.