Rice cakes and RAM in St. Denis: Akim

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“The whole class is against him. So I stood up for him.”

Le portrait d’Akim fait partie d’une série de portraits d’habitants de Saint Denis réalisés en collaboration avec ICF Habitat La Sablière.

Christine Boulanger dessine et écrit des portraits. Elle a crée Visages d’en Faces début 2016 pour valoriser son quartier à travers ses habitants et pour lutter contre les a priori. Chaque portrait est une bouteille à la mer et une invitation à plus de solidarité.

Akim’s portrait is part of Christine Boulanger’s series on the inhabitants of St. Denis, in collaboration with ICF Habitat La Sablière.

Christine interviews the people she draws, creating both visual and written portraits of her subjects. She started Visages d’en Faces in early 2016, to promote her neighborhood and combat prejudice.

The English translation of this text is below the French original.

Akim

par Christine Boulanger

Déjà rassasiée avec un délicieux gâteau de riz, je me demande comment venir à bout des trois autres, posés tout chauds à côté de mon café. Heureusement, personne n’a vu venir le petit frère d’Akim, qui s’éloigne déjà avec un gâteau dans la bouche : je laisse lâchement mon petit allié se faire gentiment gronder.

Akim a bientôt dix ans. Ses parents ont quitté sans aucun regret la cité des 4000 quand il avait deux mois. Depuis, la famille s’est aggrandie et on se sent à l’étroit. Mais « ici, on se dit bonjour, on se respecte ». Avec quelques recadrages : les vendeurs sur les chaises à la sortie de l’ascenseur ne proposaient pas exactement des tours Eiffel en plastique. Ils sont partis avec l’installation d’un interphone et l’arrivée de Mohamed qui a remplacé la gardienne tombée malade. « Il est bien : on lui parle, il écoute. » Ahmed, le père d’Akim, poursuit : « Les environs deviennent une petite Défense avec Generali, SFR, Arcelor, Xerox… Il y a même des plateaux de télévision. »

Akim : « On a beaucoup de choix pour les parcs, des fois je sais pas où aller : il y a des terrains de basket comme au parc des Acrobates, ou le Temps des Cerises où on se fait moins mal quand on tombe. Je préfère le foot, même si je suis plus doué au basket où je ne perds pas les ballons bêtement. L’autre jour, de une, je ne voulais pas être gardien et on était déjà entrain de perdre 5-1. Le ballon est passé en-dessous de moi. Mais maintenant je peux plus faire ces erreurs au foot : avant j’étais mauvais joueur mais comme j’étais le plus jeune, les autres essayaient de ne pas trop m’énerver. »

Sa mère confirme : « Je l’appelais : ‘Tu vas rester là pleurer? Monte !’ Et lui répondait : ‘Non, je joue !’ Et puis Il a fini par comprendre que dans le jeu, il faut perdre ou il faut gagner. »

Akim : « Maintenant la règle c’est : quand le ballon touche la barre transversale, le joueur va aux buts. »

Quelle influence un prénom a-t-il sur une vie ? Akim signifie « juge » ou, comme précise sa mère, « celui qui donne la raison à celui qui la mérite, qui a bien travaillé… ». Ahmed, le père d’Akim complète avec un sourire « … et non pas à celui qui connaît le patron, vous voyez ? »

Akim : « J’ai un ami, tout le monde dit qu’il est gros. Mais moi je dis qu’au moins, il a beaucoup de force alors que moi, je suis tout maigrichon. Le seul problème, c’est qu’il est épuisé que tout le monde le traite. Toute la classe est contre lui. Donc moi j’ai pris sa défense. »

Sa mère est à la fois fière et pas toujours rassurée: « Akim n’a pas de limite. Même là où il ne comprend pas, il va y aller ! En vacances aux Comores, il voit des enfants avec un paquet de cigarettes : ‘Ça se fait pas ! Vous faites quoi ?’ »

Les enfants en question parlent le comorien, un mélange d’arabe, de swahili et français. Mais la barrière de la langue n’arrête pas Akim.

Sa mère : « Je lui dis ‘T’es pas dans le tort, la cigarette c’est dangereux. Mais la dame défendait ses enfants. Chacun son rôle, c’est à elle de réagir. Certains ne voient pas la différence entre le bien et le mal. Est-ce que ça vaut le coup d’y aller toujours à fond ?

Quand quelqu’un te tape, tu tapes pas, n’insulte pas celui qui tape et t’insulte. Mais maintenant on se retrouve dans un monde, dans certains établissements, où on ne sait pas si on fait une faute de ne pas réagir. Parfois on est obligé de dire à l’enfant : ‘S’il te tape, tu le tapes. Mais c’est pas bien. »

Akim est en CM2. « La maîtresse s’énerve vite quand on fait une erreur. Alors qu’elle dit elle-même que c’est pas grave de faire une erreur. Facile de dire mais pas facile de faire.»

« Elle est là pour vous transmettre des connaissances, pas pour vous aimer » lui rappelle son père. «  Il est le premier de la classe depuis le CP, mais au collège, il aura plusieurs professeurs. C’est à toi de gérer ça car tu ne peux pas changer les tempéraments. »

Akim : « Elle cherche pas la raison, elle va directement crier. » Puis : « Faut comprendre, elle prend le TGV tous les jours depuis Lille, elle se lève très tôt. »

Akim veut devenir ingénieur informatique. Un virus sur l’ordinateur familial a été le le déclencheur : « Je savais déjà à quoi servait un fichier ram sauf que je ne savais pas où l’installer. »

Je note avec une attention redoublée ses explications : « Pour vérifier que ça marche, tu dois aller sur les propriétés de ton ordinateur » Jusque là, tout va bien. C’est après que ça se complique. « Les deux gigas ram sont revenus… Tu dois taper dir/s… Avant ça s’appelait ‘com’ et du coup il y avait beaucoup de virus. »

– Ah !

J’ai beau écouter Akim, c’est comme s’il me parlait dans une autre langue.

– Maintenant ça s’appelle ‘exe’ et du coup y a moins de virus. C’est plus sécurisé.

– OK ! Et tu as trouvé ça comment ?

– Sur des forums, mais il y avait très peu de réponses. J’aime bien quand les choses sont difficiles, mais pas impossibles.

Certes… Depuis 20 ans que l’ordinateur est mon outil de travail quasi quotidien, j’ai tout juste compris que ce ne sont pas des lutins qui travaillent à l’intérieur. Je note mentalement de garder le contact avec Akim en cas de pépin…

Au-delà de sa dimension artistique, Visages d’en Faces se révèle être un formidable outil de lien social. Un événement festif a été organisé autour des portraits dans la nouvelle gare Rosa Parks du 19ème arrondissement parisien, avec les habitants et les associations du quartier.

Son action s’étend désormais à d’autres lieux : vous pouvez suivre les projets sur le site ou sa page Facebook.

Rice cakes and RAM in St. Denis

translated by Christine Buckley

Already satiated by a delicious homemade rice cake, I’m wondering how I’m going to finish three more of them, straight out of the oven and placed next to my coffee. Fortunately, no one has noticed the arrival of Akim’s little brother, already making off with a cake in his mouth: I cowardly allow my little ally to take a gentle scolding.

Akim will soon be ten years old. His parents left their housing project known as “Cité 4000”* — without any regrets—when he was two months old. Since then, the family has expanded and their flat in nearby St. Denis feels cramped.

*Cité 4000: Four gigantic towers built in Paris’ northern suburbs in the mid-1960s to house thousands of residents the city could not place elsewhere, notably North African immigrants.

“Here we say ‘hello,’ we respect each other,” says Akim. With a few elements cropped out: the vendors seated in chairs at the building’s elevator exit weren’t exactly selling plastic Eiffel Tower statuettes. They disappeared with the installation of an intercom and the arrival of Mohamed, who came after the previous apartment manager fell ill.

“Mohamed’s good: we talk to him, he listens.” Ahmed, Akim’s father, continues: “The surrounding area is becoming a little ‘La Defense’ [Paris’ major business district], with companies like Generali, SFR, Arcelor, Xerox…there are even a couple of television studios.

Akim says, “We have a huge choice of parks. Sometimes I don’t know where to go: there are basketball courts like at Acrobats’ Park or Le Temps des Cerises where it hurts a lot less if you fall. I prefer soccer even though I’m better at basketball, where I’m not clumsily losing the ball. The other day, for starters, I didn’t want to be the goalkeeper and we were already losing 5-1. The ball passed through my legs. But nowadays I can no longer make this kind of mistake: before, I was a bad soccer player but because I was younger, other kids tried not to get me too worked up.”

His mother confirms this: “I called to him: ‘Are you going to just stay there and cry? Come up here!’ And he responded, ‘No, I’m playing!’ And he ended up understanding that in sports, you either win or you lose.”

Akim says, “Now our rule is: whenever the ball touches the cross-bar, the player who made the error has to be the goalie.”

*

How much influence can a first name have on one’s life? Akim means “judge,” or, as his mother specified, “He who validates those who deserve it, those who have worked hard…”

Ahmed finishes his sentence with a smile, “And not just those who know the boss, you see?”

Akim: “I have a friend. Everyone calls him fat. But me, I say, at least he’s strong…while I’m all scrawny. The only problem is that he’s really tired of everyone talking about it. The whole class is against him. So I stood up for him.”

His mother is simultaneously proud and a bit uneasy: “Akim doesn’t have any limits. Even if he doesn’t understand a situation, he’ll keep going! While we were on vacation in the Comoros he saw some kids with a pack of cigarettes and scolded them: “What are you doing? You shouldn’t do that!”

The children in question spoke Comorian, a mix of Arabic, Swahili and French. But the language barrier didn’t stop Akim.

His mother told him, “You’re not wrong, cigarettes are dangerous. But the lady was defending her children. Everyone has a role to play, and it’s up to her whether she wants to respond. Some people don’t make the difference between good and bad. Is it worth always taking things so far?”

“When someone hits you, you don’t hit back, you don’t insult the person who’s hitting and insulting you. But now we find ourselves in a world—in certain places—where we no longer know if we’re making a mistake by not getting involved. Sometimes we have to say to the child: ‘If he hits you, you can hit back. But it’s not a good thing.’”

Akim is in CM2 [fifth grade]. “The teacher quickly gets irritated when we make a mistake, even though she herself says it’s no big deal to make a mistake. Easy to say but not easy to do.”

“She’s there to transmit knowledge, not to love you,” Akim’s father reminds him. “He’s been first in his class since kindergarten, but in middle school, he’ll have several teachers.”

Ahmed turns back to his son. “It’s up to you to manage that, because you can’t change people’s temperaments.”

Akim: “She screams straight away, without knowing why.” Then: “You’ve got to understand, she takes the TGV [high-speed train] every day from Lille; she gets up really early.”

Akim wants to become an IT engineer. The catalyst was a virus on the family computer: “I already knew what a RAM file was for, except I didn’t know where to install it.”

I note his explanations with increased attention: “In order to be sure it works, you have to click on your computer’s ‘properties’ tab.”

Up to that point, Akim’s explanations are clear. It’s only afterwards that things get complicated: “Two gigs of RAM came back.” “You have to type ‘dir/s’…Before, that was called ‘com,” and so there were a lot of viruses.”

 Ah! I’m trying my best to understand Akim, but it’s as though he is speaking to me in another language.

“Now it’s called ‘exe,’ and so there are fewer viruses. It’s more secure.”

“Ok! And how did you figure that out?”

“On some internet forums. But there weren’t many responses. I like it when things are difficult, without being impossible.”

Of course! For the twenty years that the computer has been my almost-daily work tool, I’ve only just understood that there aren’t any leprechauns inside making it function.

I make a mental note to stay in touch with Akim in case of a future hitch…

Beyond its artistic dimension, Visages d’en Faces has turned into a real tool for social unity. A festive event was held for local residents and charity organizations at the new Rosa Parks train station in Paris’ 19th arrondissement.

The project has since expanded to other places: read more on the site above or the Facebook page.

Save

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‘No one chooses refugee camps’

Last week, my friend François and I made the three-hour drive north from Paris to volunteer for a few days in Calais with l’Auberge des migrants, a French charity operating locally since 2008. It has joined forces with UK counterpart Help Refugees to assist “the most vulnerable people currently reaching Europe’s shore by supporting local groups, charities and volunteers who are at the front lines, carrying out lifechanging work in difficult circumstances.”

Volunteers from Help Refugees and l’Auberge can be found everywhere that governments and NGOs cannot be. “Unconstrained by red tape, politics and bureaucracy,” they act quickly to improve lives and put donations directly in the hands of people who most need them.

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‘Personne ne choisit les camps de réfugiés’

La semaine dernière, mon ami François et moi avons effectué les trois heures de voiture entre Paris et Calais pour donner un coup de main aux bénévoles de l’Auberge des migrants, une association Loi 1901 indépendante de toute religion et de tout mouvement politique, sur place depuis 2008. Elle s’est d’ailleurs associée à son homologue britannique Help Refugees pour ”aider [les migrants] à survivre (nourriture, vêtements, couvertures), en faisant un effort pour qu’ils gardent un minimum de dignité” .

Les bénévoles des deux structures travaillent généralement là où ni les gouvernements ni les ONG n’interviennent. “Débarrassés des contraintes administrative et politiques ou de la bureaucratie”, ils peuvent avoir un impact rapide sur la vie des gens et transférer les dons directement aux personnes concernées en fonction de leurs besoins concrets.

François was making his second trip north—the first one had affected him deeply (read about that here) and consequently spurred my friend Rosario and me to organize a collection of well-sorted clothing, food and funds that we were now planning to hand deliver in Calais.

François en était déjà à son deuxième voyage ; le premier l’avait d’ailleurs profondément affecté (voir son témoignage ici) et m’avait incitée, avec mon ami Rosario, à organiser une collecte de vêtements, de nourriture et d’argent dont nous livrerions nous-mêmes le produit.

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So much has been written and said about the world’s latest “refugee crisis.” I’m no expert and I realize my insight alone will not bring about a solution to a complex problem with multiple causes. I started this blog in January believing that merely by deciding to focus on solidarity we might be able to generate a little more of it, and together seek out solutions. When François told me how impressed he was at the grassroots efforts he witnessed in Calais, I decided to do my part to try and inspire others to do the same.

On a déjà écrit et raconté beaucoup de choses sur la dernière “crise des réfugiés” en date. Je ne suis pas une experte dans ce domaine, et je réalise que ma propre perception du problème ne va pas apporter de solution ultime à un problème aussi complexe. Mais j’ai démarré ce blog en janvier dernier, pensant qu’en me focalisant simplement sur des questions de solidarité, je pourrai stimuler les vocations et voir émerger des solutions collectives. Quand François m’a parlé de ce qui se passait sur le terrain à Calais, et de l’implication de gens comme tout le monde sur place, j’ai décidé d’apporter ma contribution et peut-être de donner des idées à d’autres. 

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Our one-hour walk around the Cap Griz Nez and its achingly desolate beach would turn out to be the only down time we’d have over the next four days. Bare feet in the cold sea, sun breaking through the clouds as I watched the ferries chugging across to Dover, I thought, “Calais is not as bad as everyone makes it out to be.” For a moment it felt as though we’d come here on holiday.

Une heure de balade autour du cap Gris-Nez et de ses plages désolées allait d’ailleurs être le seul moment de repos de ce séjour de quatre jours. Pieds nus dans l’eau froide, sous un soleil perçant timidement sous les nuages, je m’étais d’ailleurs fait la remarque, en voyant les ferries se diriger vers Douvres, que Calais n’était pas si affreux que ça. Pendant un moment, c’était presque comme si nous étions en vacances.

Until François reminded me that he and I could always make a spur-of-the-moment decision to hop one of those ferries, identity papers in hand, and visit the UK as tourists or even decide to set up lives there—a right not granted to the masses who have crossed the ocean and dozens of borders only to find themselves stranded here in northern France, just thirty-five kilometers from their Shangri-La. Refugees have fled war zones, persecution and ethnic conflict while economic migrants have left behind other kinds of chaos, all with the goal of creating better lives for themselves and their families. Just like many of our parents or grandparents once did.

Jusqu’à ce que François me rappelle que lui ou moi pouvions toujours sauter à bord de l’un de ces bateaux, passeports en main, et visiter l’Angleterre ou même nous installer là-bas si ça nous chantait – chose que ces gens qui avaient déjà traversé les mers et les frontières avant d’échouer à 35 kilomètres de leur Eldorado ne pouvaient pas se permettre. Les réfugiés ont pourtant quitté des zones de guerre, des persécutions, des conflits ethniques, quand les migrants économiques ont laissé derrière eux toutes sortes de chaos dans le seul but de s’offrir une vie meilleure, à eux et à leurs enfants. Tout comme pas mal de nos parents ou de nos grand-parents avant eux.

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Kenyan-born Somali-British poet Warsan Shire’s “Home” has been widely shared, but in case you missed it:

Home

no one leaves home unless
home is the mouth of a shark
you only run for the border
when you see the whole city running as well

your neighbors running faster than you
breath bloody in their throats
the boy you went to school with
who kissed you dizzy behind the old tin factory
is holding a gun bigger than his body
you only leave home
when home won’t let you stay.

no one leaves home unless home chases you
fire under feet
hot blood in your belly
it’s not something you ever thought of doing
until the blade burnt threats into
your neck
and even then you carried the anthem under
your breath
only tearing up your passport in an airport toilet
sobbing as each mouthful of paper
made it clear that you wouldn’t be going back.

you have to understand,
that no one puts their children in a boat
unless the water is safer than the land
no one burns their palms
under trains
beneath carriages
no one spends days and nights in the stomach of a truck
feeding on newspaper unless the miles travelled
means something more than journey.
no one crawls under fences
no one wants to be beaten
pitied

no one chooses refugee camps
or strip searches where your
body is left aching
or prison,
because prison is safer
than a city of fire
and one prison guard
in the night
is better than a truckload
of men who look like your father
no one could take it
no one could stomach it
no one skin would be tough enough

the
go home blacks
refugees
dirty immigrants
asylum seekers
sucking our country dry
niggers with their hands out
they smell strange
savage
messed up their country and now they want
to mess ours up
how do the words
the dirty looks
roll off your backs
maybe because the blow is softer
than a limb torn off

or the words are more tender
than fourteen men between
your legs
or the insults are easier
to swallow
than rubble
than bone
than your child body
in pieces.
i want to go home,
but home is the mouth of a shark
home is the barrel of the gun
and no one would leave home
unless home chased you to the shore
unless home told you
to quicken your legs
leave your clothes behind
crawl through the desert
wade through the oceans
drown
save
be hunger
beg
forget pride
your survival is more important

no one leaves home until home is a sweaty voice in your ear
saying-
leave,
run away from me now
i dont know what i’ve become
but i know that anywhere
is safer than here

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“Maison”, ce poème de l’anglo-somalien Warsan Shire a déjà été souvent partagé, mais le revoici au cas où vous l’auriez loupé (Traduction de Paul Tanguy) :

Maison

Personne ne quitte sa maison à moins
Que sa maison ne soit devenue la gueule d’un requin
Tu ne cours vers la frontière
Que lorsque toute la ville court également
Avec tes voisins qui courent plus vite que toi
Le garçon avec qui tu es allée à l’école
Qui t’a embrassée, éblouie, une fois derrière la vieille usine
Porte une arme plus grande que son corps
Tu pars de chez toi
Quand ta maison ne te permet plus de rester.Tu ne quittes pas ta maison si ta maison ne te chasse pas
Du feu sous tes pieds
Du sang chaud dans ton ventre
C’est quelque chose que tu n’aurais jamais pensé faire
Jusqu’à ce que la lame ne soit
Sur ton cou
Et même alors tu portes encore l’hymne national
Dans ta voix
Quand tu déchires ton passeport dans les toilettes d’un aéroport
En sanglotant à chaque bouchée de papier
Pour bien comprendre que tu ne reviendras jamais en arrière
Il faut que tu comprennes
Que personne ne pousse ses enfants sur un bateau
A moins que l’eau ne soit plus sûre que la terre-ferme
Personne ne se brûle le bout des doigts
Sous des trains
Entre des wagons
Personne ne passe des jours et des nuits dans l’estomac d’un camion
En se nourrissant de papier-journal à moins que les kilomètres parcourus
Soient plus qu’un voyage
Personne ne rampe sous un grillage
Personne ne veut être battu
Pris en pitié
Personne ne choisit les camps de réfugiés
Ou la prison
Parce que la prison est plus sûre
Qu’une ville en feu
Et qu’un maton
Dans la nuit
Vaut mieux que toute une cargaison
D’hommes qui ressemblent à ton père
Personne ne vivrait ça
Personne ne le supporterait
Personne n’a la peau assez tannée
Rentrez chez vous
Les noirs
Les réfugiés
Les sales immigrés
Les demandeurs d’asile
Qui sucent le sang de notre pays
Ils sentent bizarre
Sauvages
Ils ont fait n’importe quoi chez eux et maintenant
Ils veulent faire pareil ici
Comment les mots
Les sales regards
Peuvent te glisser sur le dos
Peut-être parce leur souffle est plus doux
Qu’un membre arraché
Ou parce que ces mots sont plus tendres
Que quatorze hommes entre
Tes jambes
Ou ces insultes sont plus faciles
A digérer
Qu’un os
Que ton corps d’enfant
En miettes
Je veux rentrer chez moi
Mais ma maison est comme la gueule d’un requin
Ma maison, c’est le baril d’un pistolet
Et personne ne quitte sa maison
A moins que ta maison ne te chasse vers le rivage
A moins que ta maison ne dise
A tes jambes de courir plus vite
De laisser tes habits derrière toi
De ramper à travers le désert
De traverser les océans
Noyé
Sauvé
Avoir faim
Mendier
Oublier sa fierté
Ta survie est plus importante
Personne ne quitte sa maison jusqu’à ce que ta maison soit cette petite voix dans ton oreille
Qui te dit
Pars
Pars d’ici tout de suite
Je ne sais pas ce que je suis devenue
Mais je sais que n’importe où
Ce sera plus sûr qu’ici

 

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Auguste Rodin’s Burghers of Calais/Les Bourgeois de Calais, Rodin

I was surprised to bump into Rodin’s most famous sculpture in front of the town hall. It depicts a scene from the Hundred Years’ War (1346), after the starving city had been under siege for more than a year and six of its most prominent citizens voluntarily walked out of Calais carrying the keys to the city and its castle, wearing nooses around their necks. English king Edward III reportedly said he would spare the city if its top leaders would surrender to him in this manner. Although ready to meet their deaths, the burghers were spared at the demande of Queen Philippa of Hainaut, who believed their executions would be a bad omen for the immenent birth of their son.

Cette célèbre sculpture représente le groupe de Calaisiens s’étant offerts volontairement au roi d’Angleterre, Edouard III, en gage de reddition de la cité dans un épisode resté célèbre de la guerre de Cent ans (1346). Devant être pendus, ils avaient pourtant été graciés à la demande de Philippa de Hainaut, épouse du souverain.

Calais Kitchens

Monday morning, 9am. Now we were three. The previous night we’d driven to the train station to pick up Imane, who was moved by our actions in Paris and decided to join us here. Fortunately, she was tiny enough to squeeze into the back of the car with twenty-five bags of clothing donations!

Lundi matin, 9 heures. Désormais, nous sommes trois. La nuit dernière, nous sommes allés récupérer Imane à la gare, qui avait été émue par notre initiative à Paris et avait décidé de se joindre à nous. Par chance, elle était assez menue pour se glisser à l’arrière de la voiture avec nos 25 sacs de vêtements !

While François unloaded the food and clothes at the l’Auberge/Help Refugees warehouse, we were asked to sign a volunteer charter, which included a clause about keeping our location private. We were not to take photos of the warehouse’s exterior, streetscape or anything that might give something away to a local community not always receptive to the presence of do-gooders focused on helping the temporary residents over the long-term ones, who have their own grievances.

Pendant que François déchargeait la nourriture et les vêtements à l’entrepôt de l’Auberge/HelpRefugees, nous avons dû signer la charte de bénévoles et nous engager à ne pas révéler l’emplacement de ses locaux. Il était également interdit de prendre des photos de l’extérieur de l’entrepôt ou de ses environs, tous les gens du coin n’étant pas exactement “favorables” à la présence de bons samaritains privilégiant les difficultés des migrants sur les leurs.

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Items in good condition but not likely to be worn in the camps are resold to volunteers/Des vêtements en bon état, mais assez peu susceptibles d’être portés dans les camps sont revendus au bénévoles

After a very British cuppa tea and a rousing round of group calisthenics, our young, dynamic Swiss coordinator Hettie broke us up into smaller groups and assigned us to work details based on our answer to questions such as, “Who wants to work outside today and get a tan?”

Après une bonne tasse de thé à l’anglaise et une petite séance de gym, notre jeune et dynamique coordinatrice suisse Hettie nous a divisés en petits groupes et nous a assigné nos missions sur la base de nos réponses à la question : “qui veut rester dehors et bronzer un peu aujourd’hui ?”

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Photo: François Henriques-Raba

Monday was bright and sunny—a rarity in Calais, so several hands shot up. François and Imane discovered that they’d be cutting and moving wood all day. Hettie’s next question, “Have you always wanted to work in a supermarket?” convinced me to join a small group assigned to Calais Kitchens, a food distribution team run by four incredibly enthusiastic, kind and capable women: Tina and Amelia from the UK, Fee from Germany and Cecelia (Ce Ce) from my hometown of New York.

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The woodcutting station, next to the volunteer’s lot aka Caravanarnia/Le stand de coupage de bois, près du site où habitent les bénévoles (dit “Caravarnarnia”)

Ce lundi était lumineux et ensoleillé, une rareté à Calais, et plusieurs mains se sont levées. François et Imane se sont donc retrouvés à couper du bois et moi-même, ayant répondu oui à la question “qui a toujours rêvé de travailler dans un supermarché ?”, me suis jointe au groupe chargé de la “Calais Kitchens”, le team nourriture géré par quatre femmes aussi sympathiques qu’enthousiastes et compétentes : Tina et Amélia de Grande-Bretagne, Fee l’Allemande, et Cecilia (Ce Ce) de New-York (comme moi ).

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Like most of the long-term volunteers I’d meet, the women hailed from diverse backgrounds but had one thing in common: they’d arrived planning to pitch in and help for a little while. Most (like François and me) had taken a few days off from their lives, booked a room in the youth hostel or an AirBnB, and had no idea what to expect. But unlike most volunteers, once they dug in, they found it wasn’t so easy to forget what they’d seen and return to “normal life.” Now many, like this British woman, are living in caravans or other temporary homes and subsisting on funds they can raise via their communities or crowdfunding. You can watch a video of the work they do on the Calais Kitchens Facebook page.

Comme la plupart des bénévoles à long-terme que j’allais rencontrer, ces femmes venues d’horizons divers avaient une chose en commun : elles avaient commencé par débarquer pour donner un coup de main, s’éloignant, comme François et moi, quelques jours du cours normal de leur vie en prenant une chambre à l’auberge de jeunesse ou dans un Airbnb. Puis s’étaient révélées incapables d’oublier ce qu’elles avaient vu et de revenir à leur routine, préférant s’installer dans une caravane ou dans un autre type d’hébergement temporaire et subsistant sur des dons ou du crowdfunding. Vous pourriez regarder une vidéo de leur quotidien sur la page Facebook de Calais Kitchens.

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The faces on our multinational volunteer team ebbed and flowed over the next three days: British mostly, but also French, Irish, American, Spanish, Icelandic and Czech. Jacqueline had driven up from Franche Comté. “My son encouraged me to take a vacation after my retirement in January,” she said. “So here I am. I like to feel useful.”

Les visages de notre groupe de bénévoles internationaux allaient d’ailleurs pas mal changer aux cours de ces trois jours : Britanniques surtout, mais aussi Français, Irlandais, Américains, Espagnols, Islandais, Tchèques… Jacqueline était venue de Franche-Comté : “Mon fils m’a encouragé à prendre des vacances après ma retraite en janvier. Alors me voici. J’aime me sentir utile”.

IMG_20160509_130016And she certainly was. Jacqueline hunkered right down on the floor of the warehouse with the rest of the “young people” as we put together hundreds of small bags of onions, potatoes, flour, lentils, salt, sugar and spices that we combined with canned goods, UHT milk, oil, tea, bread and biscuits that would make up two-and five-person bags for the next day’s distribution. The level of organization was impressive: a process that had been fine-tuned over months of practice. Everyone quickly found his or her role, helped along by the kitchen’s sound system, cranked up by volunteer chefs in the nearby kitchen and blasting everything from The Pointer Sisters to Pink Floyd. After a morning working together, we slid into a comfortable routine and swapped stories as we raced to see who could complete her food bag first.

Et elle l’est certainement ! Jacqueline s’était assise sur le sol de l’entrepôt avec “les jeunes”, préparant des centaines de petits sacs garnis de pommes de terre, d’oignons, de farine, de lentilles, de sel, de sucre et d’épices, mais aussi de boîtes de conserve, de lait UHT, d’huile, de thé, pain et biscuits constituant les rations de la distribution du lendemain. Le niveau d’organisation était d’ailleurs impressionnant : des procédures codifiées au terme de longs mois de pratique. Tout le monde trouvait sa place rapidement, stimulé par la stéréo de la cuisine trafiquée par les cuisiniers bénévoles et hurlant tout et n’importe quoi, des Pointers Sisters aux Pink Floyd. Après une matinée passée à travailler ensemble, on en arrivait vite à se raconter nos histoires et à se tirer des bourres sur la confection de sacs.

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Michel and his wife, a smiling couple also in their late 60s, had driven up from Lyon the previous day and were always ready to do whatever was asked of them, provided that the rare French speaker on hand could translate the instructions for them. Hugh, another IMG_20160509_143830pensioner, had raised the funds in his Bristol community to buy enough milk to meet Calais Kitchen’s needs for another week.

Michel et sa femme, un couple de sexagénaires souriant, arrivés de Lyon en voiture la veille, étaient toujours prêts à rendre service — à condition que les rares francophones du coin puissent leur traduire les consignes. Hugh, un autre retraité, avait réuni des fonds dans sa ville de Bristol pour acheter suffisamment de lait pour une semaine de distribution.

Calais Kitchens provides raw, bulk ingredients to more than 4000 people per week to supplement hot meals, which are served three times a day at different locations in the jungle by several other grassroots efforts including the Refugee Community Kitchen, Belgium Kitchen and Ashram Kitchen …Although hot meals are an important stop-gap measure for refugees living in the containers (12 bunk beds packed into 14m2, no cooking allowed), Calais Kitchens believe in giving those who have improvised makeshift kitchens the basics to make their own meals, therein retaining a semblance of normality, minimizing waste and providing people more of what they like to eat (feedback indicated a cultural preference for rice and lentils over pasta, for example).

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Calais Kitchens fournit des ingredients de base en grandes quantités à plus de 4000 personnes chaque semaine, en plus des repas chauds servis deux à trois fois par jour en différents points de la Jungle par d’autres organisations (Refugee Community Kitchen, Belgian Kitchen et Ashram Kitchen). Bien que ces repas chauds soient essentiels aux réfugiés installés dans des conteneurs (12 lits superposés dans 14m2, interdiction de cuisiner), les gens de Calais Kitchens préfèrent offrir la possibilité de cuisiner aux personnes dotées de cuisines de fortune, ne serait-ce que pour retrouver un semblant de normalité, de limiter le gaspillage et de préparer des plats que les gens ont envie de manger pour des raisons culturelles (du riz et des lentilles plutôt que des pâtes par exemple).

On my second morning in the warehouse, I asked Amelia and Tina how the 240 euros I had collected from friends in Paris could best be put to use, and Tina showed me the white board. “For the first time since we started doing the distributions seven months ago,” she said, “without oil and tomatoes, this week we’re not going to be able to provide the food thousands of people have been relying on.”

Le second matin dans l’entrepôt, j’ai demandé à Amelia et Tina comment employer au mieux les 240 euros collectés à Paris et Tina a pointé le tableau blanc de la main : “C’est la première fois en sept mois, soit depuis que nous avons commencé ces distributions, que nous allons manquer d’huile et de tomates pour les milliers de personnes qui en ont besoin”.

Updated daily, the board shows the camp sections scheduled for Calais Kitchens’ deliveries on a given day. Green indicates the item is well-stocked, while red means it is running out. So a few minutes later, we were back in François’ car heading to four of the area’s discount supermarkets to stock up on the much-needed supplies, making sure to leave enough in each store for the locals. I don’t think it’s an accident that the number of bottles of oil and canned tomatoes we could fit in a shopping cart turned out to cost exactly the amount of cash I had in my pocket. (The remaining 3.17 bought a kebab for Flori, a Roma teenager who sleeps in a tent on my street in Paris).

Mis à jour quotidiennement, ce tableau indique les lieux de livraison prévus pour telle ou telle journée à l’intérieur du camp. Les ingrédients marqués en vert sont bien approvisionné ; en rouge, la pénurie menace… Du coup, quelques minutes plus tard, nous nous retrouvions dans la voiture de François, en route pour quatre des supermarchés discount des environs, nous assurant de ne pas les dévaliser au détriment des Calaisiens. Je ne crois pas qu’il s’agisse d’un simple hasard, mais un chariot plein de bouteilles d’huile et de sauce tomate coûte exactement la somme que j’avais en poche (à 317 près, lesquels ont servi à acheter un kebab à Flori, un ado rom qui dort dans ma rue à Paris).

Imane, too, wanted to help, and her generous donation enabled us to make two more round trips to the store, filling the warehouse shelves, putting a huge smile on Tina’s face and bumping several red bars on the white board back into green.

Imane aussi voulait aider, et sa généreuse contribution nous a permis de faire deux autres trajets vers le supermarché, à remplir les étagères de l’entrepôt, à faire naître un grand sourire sur le visage de Tina et à transformer plusieurs des barres rouges du tableau en barres vertes.

Just before lunch, we finished making up the food bags that would go to the Syrian section of the camp the next day. Volunteer lunch at the warehouse consists of the same delicious vegan food served in the camp: a cold salad, rice and a hearty curry along with a piece of fruit. Well sated and ready to go back to work, we raised a cup of tea to all of our friends in Paris who helped make the food delivery possible.

Juste après le déjeuner, nous avons fini de préparer les sacs de nourriture prévus pour la section syrienne du camp le lendemain. Le délicieux déjeuner végan des bénévoles à l’entrepôt est le même que celui qui est servi aux réfugiés : salade, riz et curry complété par un fruit. Rassasiés, et prêts à retourner au travail, nous avons porté un toast sur tasse de thé en l’honneur de nos amis restés à Paris mais ayant rendu cette livraison possible.

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Volunteers take a tea break before going back to the clothing section of the warehouse/Les bénévoles en pleine pause-thé avant de reprendre le chemin de la section vêtements de l’entrepôt

 

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Spices that go into making delicious meals for volunteers and camp residents alike/Les épices qui servent à préparer de délicieux repas, pour les bénévoles comme pour les résidents du camp

Part two of this story, ‘Unless someone like you cares an awful lot’, can be found here.

La deuxieme partie de cette histoire, ‘A moins que quelqu’un comme vous ne se bouge…’ se trouve ici.

Opération Bubbolitas, merci à tous !

Sincere gratitude to everyone, especially the sunshine, for making an appearance yesterday at our friend Fabio and Rosario’s place Bubbolitas.

Sincères remerciements à tous, et plus particulièrement au soleil, pour avoir fait une apparition hier chez nos amis Fabio et Rosario de Bubbolitas.

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Friends, neighbors, and strangers dropped by throughout the afternoon and evening with bags of clothing, shoes, beauty supplies and food to donate to the migrants and refugees in Calais—so much, in fact, that Francois’ car was packed to the roof with about 25 big black garbage bags and several boxes when he finally pulled off just before 9pm. Now we just need to carve out a tiny space for me in there (T. Rex the dog will be staying home on this first trip).

Amis, voisins et inconnus sont passés tout au long de l’après-midi et de la soirée chargés de vêtements, de chaussures, de produits d’hygiène et de nourriture à offrir aux migrants et réfugiés de Calais. Tellement de choses, en fait, que la voiture de François était pleine à ras-bord de plus de 25 sacs et cartons quand il a finalement pu reprendre la route vers 21 heures. Il ne reste plus qu’à trouver encore un peu de place pour moi (T-Rex le chien restera à la maison pour ce premier voyage).

Thank you, too, to those of you who generously handed me cash for the envelope (200 euros and counting!) that will be used to buy fresh food for the migrants and refugees immediately upon our arrival in Calais next Sunday.

Merci aussi à ceux qui ont également été généreux en liquide (plus de 200 euros !). Il servira à l’achat de produits frais pour les migrants et les réfugiés dès notre arrivée à Calais dimanche.

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I’m in contact with l’Auberge des Migrants/Help Refugees to try and answer all the smart questions you asked yesterday about how we can all help most effectively. I’ll know a lot more when I return from Calais. Watch this space for more on that.

 Je suis en contact avec l’Auberge de Migrants/Help Refugees pour obtenir les réponses à toutes les questions brillantes posées hier sur la manière d’apporter l’aide la plus efficace. J’en saurais bien davantage à mon retour. Repassez donc par ici.

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Meanwhile, our friend Gaëtan has offered space in his beauty salon to stock any clothes or supplies you’d like to donate but didn’t manage to drop off on Sunday. That way, the next time we (or any one else) is going to Calais they can pick them up.

Les Coiffeurs Gaëtan-Denis

25, rue Geoffroy St. Hilaire

75005 Paris

Opening Hours:

Tuesday through Saturday 9:30am-7pm

Phone: 01 43 31 57 15

 

Dans l’intervalle, notre ami Gaëtan, a proposé son salon de coiffure comme lieu de stockage des vêtements ou des fournitures diverses que vous n’avez pas pu apporter dimanche dernier. Nous les récupérerons lors du prochain voyage.

Les Coiffeurs Gaëtan-Denis

 25, rue Geoffroy St. Hilaire

75005 Paris

Heures d’ouverture :

Jeudi au samedi 9h30 – 19h

Téléphone : 01 43 31 57 15

Don’t forget to save the date June 4 from 1-10pm for our fundraising event Chez Grace in Montmartre. We are still working out the details, but there will be music, food, drinks, art…and more depending on what you are willing to share or donate! Please sign up via this Google Spreadsheet to offer a service or work of art (including culinary) or even just your time and energy to help us plan and set things up.

N’oubliez pas de noter la date du 4 juin (13h à 22h) pour notre soirée de collecte de fonds Chez Grâce à Montmartre. On travaille encore sur les détails, mais il y aura de la musique, de la bouffe, à boire, de l’art… et plus encore selon ce que vous serez prêts à offrir ! Signalez-vous sur le tableur Google pour proposer un service ou une œuvre d’art (même culinaire), ou dites-nous si vous avez le temps de venir nous aider à organiser tout ça.

The funds we raise will be used for the charity’s most urgent needs: food and building shelters. All the details on the latter can be found here along with a video showing what handiest volunteers can do.

To quote François, who couldn’t believe how quickly things were coming together, “C’est carrément une équipe!” (We’ve really got a team behind us). Bonjour, solidarity!

Love, us

Les fonds collectés serviront aux besoins les plus pressants de l’association : nourriture et construction d’abris. Plus de détails sont fournis ici en même temps qu’une vidéo sur le travail des bénévoles.

Comme le disait François, qui avait du mal à croire à quelle vitesse les choses se sont mises en place, « C’est carrément une équipe ! ». Bonjour, solidarity !

Love, nous

 

Jeudi ‘apéro ça caille’

Created in late November 2015 to create and reinforce solidarity by assisting the homeless in Paris’ 11th arrondissement, the charity organization Le Carillon [not associated with the bar attacked on November 13, 2o15] is hosting its second public event this Thursday night from 8-11pm at Chez toi ou chez moi, 3 rue du Général Renault, 75011.

The only element required to enter this “It’s cold cocktail hour” are your spare pairs of gloves, warm hats, scarves and socks to be donated.

In just more than two months of existence, Le Carillon has already brought together 25 local cafés, restaurants and shops offering a variety of services to the homeless (or anyone in need).

Participating businesses are identified by a blue sticker with the project’s logo and various pictograms in their window, letting passersby know they can access a variety of free services inside. Those range from the very basic (using the toilet, having a glass of water or hot tea, charging a mobile phone or just sitting down to warm up and talk) to the more substantial: using a first-aid kit, sending a letter, making a phone call, sharing a sandwich/hot meal or picking up a warm item of clothing or duvet.

The first event in January was a “sleeping bag cocktail hour” during which more than 30 sleeping bags and funds to buy more were collected in less than three hours.

Le Carillon says its ultimate objective is to eventually “reach all the urban zones of France, bringing together thousands of businesses and inviduals.”

I’m in touch with the founder about eventually expanding the network to my neighborhood. Is anyone interested in doing so in their quartier? Please contact us.

To read more about the establishments already participating, click here.

 

Jeudi « Apéro ça caille ! »

Fondée fin novembre 2015 pour promouvoir la solidarité avec les SDF du 11ème arrondissement, l’association caritative Le Carillon (sans lien avec le café homonyme attaqué lors des attentats du 13 novembre) organise sa seconde manifestation publique ce jeudi, de 20 h à 23 h au « Chez toi ou chez moi » (3 rue du Général Renault 75011).

Seul impératif pour participer à cet “Apéro ça caille !”, venir avec les gants, les bonnets, les écharpes ou les chaussettes que vous êtes prêts à offrir.

En à peine deux mois d’existence, Le Carillon a déjà fédéré 25 commerçants proposant toute une palette de services aux SDF (ou à toute personne en difficulté).

Les établissements participants sont identifiables par les autocollants bleus frappés du logo de l’association apposé sur leur vitrine, des pictogrammes permettant de connaître la nature des prestations spécifiques fournies sur place, des plus basiques (utilisation des toilettes, verre d’eau ou tasse de thé, recharge de téléphone, possibilité de se mettre au chaud et de bavarder) aux plus substantiels (kits de premiers secours, possibilité de poster du courrier, téléphone, restauration froide ou chaude, fourniture de vêtement ou de duvets).

La première opération, organisée au mois de janvier (« Apéro sac de couchage »), avait ainsi permis de rassembler plus d’une trentaine de sacs de couchage en moins de 3 heures.

A terme, l’objectif du Carillon est de toucher toutes les zones urbaines de France et de fédérer des milliers de personnes et d’établissements. J’ai d’ailleurs pris contact avec le fondateur dans la perspective d’étendre leur initiative à mon propre quartier. Si vous souhaitez faire la même chose dans le vôtre, faites vous connaître !

Pour en apprendre davantage sur les établissements déjà concernés, cliquez ici.

Let them eat brioche

Buckley Blog (1 of 10)Yesterday we brought you suspended coffee, so why not another tasty item also banished from my list of comestibles? The food of life, the breakfast of…a whole lot of people, at least those still lucky enough to be able to digest gluten.

La Conquête du Pain (The Conquest of Bread) takes its name from a title first published en français in 1892 by Pyotr Kropotkin, the Russian anarchist, philosopher and total badass who advocated a sort of communist society without the intrusive central government, based instead on voluntary associations between workers.

The founders of this self-run organic “boulangerie solidaire” (English really needs an adjective for “solidarity”!) in Montreuil, just east of Paris, are fans of the “suspended” concept, too. Since it opened almost six years ago, the bakery has put out a basket of goods just waiting to be claimed by someone who can’t afford to pay that day.

A customer buys whatever she wants but also has the option of buying additional items (bread, pastry or cake) to leave behind in the “suspended” basket. Anyone in need is welcome to help himself, no questions asked.

According to Idées Locales, the bakery has pulled this model off without an owner or manager on hand. Ten employees get together weekly to decide upon recipes, scheduling, and salaries.

Beyond its community cachet, “suspended bread” is a good business model. Most customers buy more than they need in order to leave something behind. The concept alone attracts customers who’d rather buy from a socially conscious bakery. To the point that there is sometimes leftover bread in the basket at the end of the day—which is then donated to local charities.

La conquête du Pain
47 rue de la Beaune
93100 Montreuil

http://www.laconquetedupain.fr/

Thanks to my friend Myriam in Corsica for sending me an article in French that I’ve adapted for this post. It seems like a good time to mention that she’s running her own solidarity project in Cuba.

Buckley Blog (6 of 10)

Thanks to my friend Richard Beban for the photos, more of which you can find on his site as well as on Paris Play, with writing by Kaaren Kitchell.

Version française:

Nous parlions hier du « café suspendu », d’où l’idée d’évoquer un autre de ces plaisirs gustatifs également banni de la liste de mes courses – le plus basique des aliments, le petit-déjeuner d’à peu près tout le monde à l’exception des malheureux incapables de digérer le gluten…

« La Conquête du pain » tire son nom d’un livre de Pierre Kropotkin traduit en français pour la première fois en 1892. Kropotkin était un philosophe anarchiste russe, ardent promoteur d’une société fondée sur la coopération entre ouvriers plutôt que sur un pouvoir central.

Les fondateurs de cette boulangerie solidaire bio et auto-gérée de Montreuil, dans la banlieue est de Paris, sont eux aussi de grands amateurs du concept de « suspension ». Ainsi, et depuis son ouverture il y a six ans, La Conquête du pain prépare chaque jour des paniers pleins de bonnes choses (pain, pâtisseries, gâteaux…) que ses clients payent en plus de leurs achats mais qu’ils n’emportent pas et laissent à la disposition des personnes en difficulté.

D’après « Idées locales », la boulangerie a instauré ce système sans le moindre propriétaire ni patron, les dix employés déterminant collectivement leurs horaires de travail, leurs recettes et même leurs salaires.

Au-delà de son parfum « communautaire », l’idée du pain suspendu reste un modèle économique efficace : la boulangerie attire une clientèle qui privilégie le commerce à dimension sociale et achète davantage que ce dont elle a besoin pour jouer le jeu. A tel point qu’il reste parfois du pain suspendu dans les paniers à la fin de la journée, lequel sera offert à des organisations caritatives locales.

La conquête du Pain
47 rue de la Beaune
93100 Montreuil

http://www.laconquetedupain.fr/

Merci à mon amie Myriam de Corse, qui m’a fait parvenir cet article en français et que j’ai adapté pour cette note. J’en profite pour mentionner qu’elle gère son propre projet solidaire à Cuba.