Rice cakes and RAM in St. Denis: Akim

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“The whole class is against him. So I stood up for him.”

Le portrait d’Akim fait partie d’une série de portraits d’habitants de Saint Denis réalisés en collaboration avec ICF Habitat La Sablière.

Christine Boulanger dessine et écrit des portraits. Elle a crée Visages d’en Faces début 2016 pour valoriser son quartier à travers ses habitants et pour lutter contre les a priori. Chaque portrait est une bouteille à la mer et une invitation à plus de solidarité.

Akim’s portrait is part of Christine Boulanger’s series on the inhabitants of St. Denis, in collaboration with ICF Habitat La Sablière.

Christine interviews the people she draws, creating both visual and written portraits of her subjects. She started Visages d’en Faces in early 2016, to promote her neighborhood and combat prejudice.

The English translation of this text is below the French original.

Akim

par Christine Boulanger

Déjà rassasiée avec un délicieux gâteau de riz, je me demande comment venir à bout des trois autres, posés tout chauds à côté de mon café. Heureusement, personne n’a vu venir le petit frère d’Akim, qui s’éloigne déjà avec un gâteau dans la bouche : je laisse lâchement mon petit allié se faire gentiment gronder.

Akim a bientôt dix ans. Ses parents ont quitté sans aucun regret la cité des 4000 quand il avait deux mois. Depuis, la famille s’est aggrandie et on se sent à l’étroit. Mais « ici, on se dit bonjour, on se respecte ». Avec quelques recadrages : les vendeurs sur les chaises à la sortie de l’ascenseur ne proposaient pas exactement des tours Eiffel en plastique. Ils sont partis avec l’installation d’un interphone et l’arrivée de Mohamed qui a remplacé la gardienne tombée malade. « Il est bien : on lui parle, il écoute. » Ahmed, le père d’Akim, poursuit : « Les environs deviennent une petite Défense avec Generali, SFR, Arcelor, Xerox… Il y a même des plateaux de télévision. »

Akim : « On a beaucoup de choix pour les parcs, des fois je sais pas où aller : il y a des terrains de basket comme au parc des Acrobates, ou le Temps des Cerises où on se fait moins mal quand on tombe. Je préfère le foot, même si je suis plus doué au basket où je ne perds pas les ballons bêtement. L’autre jour, de une, je ne voulais pas être gardien et on était déjà entrain de perdre 5-1. Le ballon est passé en-dessous de moi. Mais maintenant je peux plus faire ces erreurs au foot : avant j’étais mauvais joueur mais comme j’étais le plus jeune, les autres essayaient de ne pas trop m’énerver. »

Sa mère confirme : « Je l’appelais : ‘Tu vas rester là pleurer? Monte !’ Et lui répondait : ‘Non, je joue !’ Et puis Il a fini par comprendre que dans le jeu, il faut perdre ou il faut gagner. »

Akim : « Maintenant la règle c’est : quand le ballon touche la barre transversale, le joueur va aux buts. »

Quelle influence un prénom a-t-il sur une vie ? Akim signifie « juge » ou, comme précise sa mère, « celui qui donne la raison à celui qui la mérite, qui a bien travaillé… ». Ahmed, le père d’Akim complète avec un sourire « … et non pas à celui qui connaît le patron, vous voyez ? »

Akim : « J’ai un ami, tout le monde dit qu’il est gros. Mais moi je dis qu’au moins, il a beaucoup de force alors que moi, je suis tout maigrichon. Le seul problème, c’est qu’il est épuisé que tout le monde le traite. Toute la classe est contre lui. Donc moi j’ai pris sa défense. »

Sa mère est à la fois fière et pas toujours rassurée: « Akim n’a pas de limite. Même là où il ne comprend pas, il va y aller ! En vacances aux Comores, il voit des enfants avec un paquet de cigarettes : ‘Ça se fait pas ! Vous faites quoi ?’ »

Les enfants en question parlent le comorien, un mélange d’arabe, de swahili et français. Mais la barrière de la langue n’arrête pas Akim.

Sa mère : « Je lui dis ‘T’es pas dans le tort, la cigarette c’est dangereux. Mais la dame défendait ses enfants. Chacun son rôle, c’est à elle de réagir. Certains ne voient pas la différence entre le bien et le mal. Est-ce que ça vaut le coup d’y aller toujours à fond ?

Quand quelqu’un te tape, tu tapes pas, n’insulte pas celui qui tape et t’insulte. Mais maintenant on se retrouve dans un monde, dans certains établissements, où on ne sait pas si on fait une faute de ne pas réagir. Parfois on est obligé de dire à l’enfant : ‘S’il te tape, tu le tapes. Mais c’est pas bien. »

Akim est en CM2. « La maîtresse s’énerve vite quand on fait une erreur. Alors qu’elle dit elle-même que c’est pas grave de faire une erreur. Facile de dire mais pas facile de faire.»

« Elle est là pour vous transmettre des connaissances, pas pour vous aimer » lui rappelle son père. «  Il est le premier de la classe depuis le CP, mais au collège, il aura plusieurs professeurs. C’est à toi de gérer ça car tu ne peux pas changer les tempéraments. »

Akim : « Elle cherche pas la raison, elle va directement crier. » Puis : « Faut comprendre, elle prend le TGV tous les jours depuis Lille, elle se lève très tôt. »

Akim veut devenir ingénieur informatique. Un virus sur l’ordinateur familial a été le le déclencheur : « Je savais déjà à quoi servait un fichier ram sauf que je ne savais pas où l’installer. »

Je note avec une attention redoublée ses explications : « Pour vérifier que ça marche, tu dois aller sur les propriétés de ton ordinateur » Jusque là, tout va bien. C’est après que ça se complique. « Les deux gigas ram sont revenus… Tu dois taper dir/s… Avant ça s’appelait ‘com’ et du coup il y avait beaucoup de virus. »

– Ah !

J’ai beau écouter Akim, c’est comme s’il me parlait dans une autre langue.

– Maintenant ça s’appelle ‘exe’ et du coup y a moins de virus. C’est plus sécurisé.

– OK ! Et tu as trouvé ça comment ?

– Sur des forums, mais il y avait très peu de réponses. J’aime bien quand les choses sont difficiles, mais pas impossibles.

Certes… Depuis 20 ans que l’ordinateur est mon outil de travail quasi quotidien, j’ai tout juste compris que ce ne sont pas des lutins qui travaillent à l’intérieur. Je note mentalement de garder le contact avec Akim en cas de pépin…

Au-delà de sa dimension artistique, Visages d’en Faces se révèle être un formidable outil de lien social. Un événement festif a été organisé autour des portraits dans la nouvelle gare Rosa Parks du 19ème arrondissement parisien, avec les habitants et les associations du quartier.

Son action s’étend désormais à d’autres lieux : vous pouvez suivre les projets sur le site ou sa page Facebook.

Rice cakes and RAM in St. Denis

translated by Christine Buckley

Already satiated by a delicious homemade rice cake, I’m wondering how I’m going to finish three more of them, straight out of the oven and placed next to my coffee. Fortunately, no one has noticed the arrival of Akim’s little brother, already making off with a cake in his mouth: I cowardly allow my little ally to take a gentle scolding.

Akim will soon be ten years old. His parents left their housing project known as “Cité 4000”* — without any regrets—when he was two months old. Since then, the family has expanded and their flat in nearby St. Denis feels cramped.

*Cité 4000: Four gigantic towers built in Paris’ northern suburbs in the mid-1960s to house thousands of residents the city could not place elsewhere, notably North African immigrants.

“Here we say ‘hello,’ we respect each other,” says Akim. With a few elements cropped out: the vendors seated in chairs at the building’s elevator exit weren’t exactly selling plastic Eiffel Tower statuettes. They disappeared with the installation of an intercom and the arrival of Mohamed, who came after the previous apartment manager fell ill.

“Mohamed’s good: we talk to him, he listens.” Ahmed, Akim’s father, continues: “The surrounding area is becoming a little ‘La Defense’ [Paris’ major business district], with companies like Generali, SFR, Arcelor, Xerox…there are even a couple of television studios.

Akim says, “We have a huge choice of parks. Sometimes I don’t know where to go: there are basketball courts like at Acrobats’ Park or Le Temps des Cerises where it hurts a lot less if you fall. I prefer soccer even though I’m better at basketball, where I’m not clumsily losing the ball. The other day, for starters, I didn’t want to be the goalkeeper and we were already losing 5-1. The ball passed through my legs. But nowadays I can no longer make this kind of mistake: before, I was a bad soccer player but because I was younger, other kids tried not to get me too worked up.”

His mother confirms this: “I called to him: ‘Are you going to just stay there and cry? Come up here!’ And he responded, ‘No, I’m playing!’ And he ended up understanding that in sports, you either win or you lose.”

Akim says, “Now our rule is: whenever the ball touches the cross-bar, the player who made the error has to be the goalie.”

*

How much influence can a first name have on one’s life? Akim means “judge,” or, as his mother specified, “He who validates those who deserve it, those who have worked hard…”

Ahmed finishes his sentence with a smile, “And not just those who know the boss, you see?”

Akim: “I have a friend. Everyone calls him fat. But me, I say, at least he’s strong…while I’m all scrawny. The only problem is that he’s really tired of everyone talking about it. The whole class is against him. So I stood up for him.”

His mother is simultaneously proud and a bit uneasy: “Akim doesn’t have any limits. Even if he doesn’t understand a situation, he’ll keep going! While we were on vacation in the Comoros he saw some kids with a pack of cigarettes and scolded them: “What are you doing? You shouldn’t do that!”

The children in question spoke Comorian, a mix of Arabic, Swahili and French. But the language barrier didn’t stop Akim.

His mother told him, “You’re not wrong, cigarettes are dangerous. But the lady was defending her children. Everyone has a role to play, and it’s up to her whether she wants to respond. Some people don’t make the difference between good and bad. Is it worth always taking things so far?”

“When someone hits you, you don’t hit back, you don’t insult the person who’s hitting and insulting you. But now we find ourselves in a world—in certain places—where we no longer know if we’re making a mistake by not getting involved. Sometimes we have to say to the child: ‘If he hits you, you can hit back. But it’s not a good thing.’”

Akim is in CM2 [fifth grade]. “The teacher quickly gets irritated when we make a mistake, even though she herself says it’s no big deal to make a mistake. Easy to say but not easy to do.”

“She’s there to transmit knowledge, not to love you,” Akim’s father reminds him. “He’s been first in his class since kindergarten, but in middle school, he’ll have several teachers.”

Ahmed turns back to his son. “It’s up to you to manage that, because you can’t change people’s temperaments.”

Akim: “She screams straight away, without knowing why.” Then: “You’ve got to understand, she takes the TGV [high-speed train] every day from Lille; she gets up really early.”

Akim wants to become an IT engineer. The catalyst was a virus on the family computer: “I already knew what a RAM file was for, except I didn’t know where to install it.”

I note his explanations with increased attention: “In order to be sure it works, you have to click on your computer’s ‘properties’ tab.”

Up to that point, Akim’s explanations are clear. It’s only afterwards that things get complicated: “Two gigs of RAM came back.” “You have to type ‘dir/s’…Before, that was called ‘com,” and so there were a lot of viruses.”

 Ah! I’m trying my best to understand Akim, but it’s as though he is speaking to me in another language.

“Now it’s called ‘exe,’ and so there are fewer viruses. It’s more secure.”

“Ok! And how did you figure that out?”

“On some internet forums. But there weren’t many responses. I like it when things are difficult, without being impossible.”

Of course! For the twenty years that the computer has been my almost-daily work tool, I’ve only just understood that there aren’t any leprechauns inside making it function.

I make a mental note to stay in touch with Akim in case of a future hitch…

Beyond its artistic dimension, Visages d’en Faces has turned into a real tool for social unity. A festive event was held for local residents and charity organizations at the new Rosa Parks train station in Paris’ 19th arrondissement.

The project has since expanded to other places: read more on the site above or the Facebook page.

Save

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Opération Bubbolitas, merci à tous !

Sincere gratitude to everyone, especially the sunshine, for making an appearance yesterday at our friend Fabio and Rosario’s place Bubbolitas.

Sincères remerciements à tous, et plus particulièrement au soleil, pour avoir fait une apparition hier chez nos amis Fabio et Rosario de Bubbolitas.

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Friends, neighbors, and strangers dropped by throughout the afternoon and evening with bags of clothing, shoes, beauty supplies and food to donate to the migrants and refugees in Calais—so much, in fact, that Francois’ car was packed to the roof with about 25 big black garbage bags and several boxes when he finally pulled off just before 9pm. Now we just need to carve out a tiny space for me in there (T. Rex the dog will be staying home on this first trip).

Amis, voisins et inconnus sont passés tout au long de l’après-midi et de la soirée chargés de vêtements, de chaussures, de produits d’hygiène et de nourriture à offrir aux migrants et réfugiés de Calais. Tellement de choses, en fait, que la voiture de François était pleine à ras-bord de plus de 25 sacs et cartons quand il a finalement pu reprendre la route vers 21 heures. Il ne reste plus qu’à trouver encore un peu de place pour moi (T-Rex le chien restera à la maison pour ce premier voyage).

Thank you, too, to those of you who generously handed me cash for the envelope (200 euros and counting!) that will be used to buy fresh food for the migrants and refugees immediately upon our arrival in Calais next Sunday.

Merci aussi à ceux qui ont également été généreux en liquide (plus de 200 euros !). Il servira à l’achat de produits frais pour les migrants et les réfugiés dès notre arrivée à Calais dimanche.

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I’m in contact with l’Auberge des Migrants/Help Refugees to try and answer all the smart questions you asked yesterday about how we can all help most effectively. I’ll know a lot more when I return from Calais. Watch this space for more on that.

 Je suis en contact avec l’Auberge de Migrants/Help Refugees pour obtenir les réponses à toutes les questions brillantes posées hier sur la manière d’apporter l’aide la plus efficace. J’en saurais bien davantage à mon retour. Repassez donc par ici.

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Meanwhile, our friend Gaëtan has offered space in his beauty salon to stock any clothes or supplies you’d like to donate but didn’t manage to drop off on Sunday. That way, the next time we (or any one else) is going to Calais they can pick them up.

Les Coiffeurs Gaëtan-Denis

25, rue Geoffroy St. Hilaire

75005 Paris

Opening Hours:

Tuesday through Saturday 9:30am-7pm

Phone: 01 43 31 57 15

 

Dans l’intervalle, notre ami Gaëtan, a proposé son salon de coiffure comme lieu de stockage des vêtements ou des fournitures diverses que vous n’avez pas pu apporter dimanche dernier. Nous les récupérerons lors du prochain voyage.

Les Coiffeurs Gaëtan-Denis

 25, rue Geoffroy St. Hilaire

75005 Paris

Heures d’ouverture :

Jeudi au samedi 9h30 – 19h

Téléphone : 01 43 31 57 15

Don’t forget to save the date June 4 from 1-10pm for our fundraising event Chez Grace in Montmartre. We are still working out the details, but there will be music, food, drinks, art…and more depending on what you are willing to share or donate! Please sign up via this Google Spreadsheet to offer a service or work of art (including culinary) or even just your time and energy to help us plan and set things up.

N’oubliez pas de noter la date du 4 juin (13h à 22h) pour notre soirée de collecte de fonds Chez Grâce à Montmartre. On travaille encore sur les détails, mais il y aura de la musique, de la bouffe, à boire, de l’art… et plus encore selon ce que vous serez prêts à offrir ! Signalez-vous sur le tableur Google pour proposer un service ou une œuvre d’art (même culinaire), ou dites-nous si vous avez le temps de venir nous aider à organiser tout ça.

The funds we raise will be used for the charity’s most urgent needs: food and building shelters. All the details on the latter can be found here along with a video showing what handiest volunteers can do.

To quote François, who couldn’t believe how quickly things were coming together, “C’est carrément une équipe!” (We’ve really got a team behind us). Bonjour, solidarity!

Love, us

Les fonds collectés serviront aux besoins les plus pressants de l’association : nourriture et construction d’abris. Plus de détails sont fournis ici en même temps qu’une vidéo sur le travail des bénévoles.

Comme le disait François, qui avait du mal à croire à quelle vitesse les choses se sont mises en place, « C’est carrément une équipe ! ». Bonjour, solidarity !

Love, nous

 

Orchestre Debout

Saturday night at 10 p.m. the Orchestre Debout performed a second concert at Place de la République in Paris. Three hundred musicians and 150 choristers both amateur and professional turned out to celebrate the one-month anniversary of the Nuit Debout (Up All Night), movement.  After running an online survey to determine the program, organizers provided links to download rights-free sheet music.

On the menu:

Ode to Joy, the 4th movement of Beethoven’s 9th Symphony
Va Pensiero, from Verdi’s opera Nabucco
The 4th movement of Dvořák’s New World Symphony

While walking there, we met a couple of people going in the same direction who offered to help us out (there were only two of us, carrying lots of gear). They knew some of the organizers, so were able to lead us straight through the crowd into the center, where we set up behind the conductor and filmed the video below.

Post by Danielle Voirin and Alexandre Camerlo.

Samedi soir à 22h, l’Orchestre Debout a offert gracieusement un deuxième concert à Place de la République. Musiciens pour Nuit Debout, de toutes âges, amateurs et professionnels, ils ont fêté le premier mois d’existence du mouvement. 300 musiciens et 150 choristes ont téléchargé leurs partitions sur un site de téléchargement libre de droit, pour un programme qui a été décide par sondage.

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Le menu:

Hymne à la joie, le 4e mouvement du 9e symphony de Beethoven
Va Pensiero de Verdi, de l’opéra Nabucco
Le 4e mouvement du Symphonie du nouveau monde, de Dvořák

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Sur le chemin, on a croisé des gens qui allaient à République et qui avaient envie de nous aidé (on était deux, et chargés de matos). Ils connaissaient des organisateurs et nous ont guidé directe au centre de la foule, où on a pu s’installé derrière le chef d’orchestre.

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Three days in Calais

C’est un concours de circonstances qui m’a conduit à Calais et à donner un peu de mon temps à l’Auberge des migrants. Au départ, en toute honnêteté, je ne me sentais pas vraiment impliqué par le sort des réfugiés. Je restais, comme beaucoup, sur de lointains clichés, qui d’un bateau remorqué sur les côtes Italiennes, qui de pauvres hères marchant le long des routes. Mais aussi nourri d’images des médias plus inquiétantes de chauffeurs harcelés par les tentatives d’intrusions ou par les amalgames sur les événements dramatiques de Cologne.

(Post in French by François Henriques-Raba, translated by CB)

A combination of circumstances brought me to Calais in northern France, in order to volunteer a bit of my time to the charity Auberge des Migrants. To be perfectly honest, at first I didn’t feel concerned by the refugees’ plight. Like many of us I held onto remote clichés, images of a boat dragged up on the Italian coast or a group of miserable wretches walking for miles along the road. I had also been nourished by unsettling media stories of truck drivers being hassled by migrants trying to cross the border hiding in their trailers or the general tendency to lump “migrants” and “violence” together after the dramatic New Year’s eve events in Cologne.

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Une amie m’a ouvert les yeux, ayant passé une semaine dans le nord et revenue avec autant de questions que de réponses, mais une certitude: Comment rester insensible à tout cela, comment ne pas prendre en compte la misère au-delà des problèmes posés. Nous en avons beaucoup parlé et une introspection, catalysée par des événements personnels, ont fini de me décider: Il est sans doute temps de se secouer, faire quelque chose, au moins essayer.

A friend who spent a week in northern France opened my eyes. Having returned from Calais with as many questions as answers, she had one certitude: it was impossible to remain insensitive, impossible not to take all the misery into account—above and beyond the complications. We talked about it and after some introspection, I decided it was time to do something, or at least try.

Pourquoi là m’a-t-on demandé. Je n’ai pas vraiment de réponse. Il y a des combats humains à mener partout, parfois très près. Celui-là peut être pour ce qu’il reflète de notre monde, de son actualité, parce qu’il a quitté le petit écran pour s’échouer à un jet de pierre du confort de mon canapé.

Why Calais, people have asked me. I don’t really have a response. There are battles to be lead everywhere, sometimes very close to home. Maybe this one because it reflects our world, our current affairs, because it left the small screen to shake me out of the comfort of my couch.

J’ai donc passé trois jours à l’auberge des migrants après un bref passage au Havre pour récupérer un lot de vêtements, résultat des efforts d’un ami (résident à l’auberge), de dons d’inconnus, et du travail de collecte de l’Armée du Salut.

So I spent three days at the Auberge des Migrants, after a brief stop in Le Havre to pick up a big batch of clothing that had been organized by a friend at the auberge, a mix of donations from strangers as well as the efforts of The Salvation Army.

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L’arrivée à l’auberge des migrants est un petit choc en soi, un entrepôt dans une zone industrielle, des volontaires qui s’activent dans une ambiance très woodstockienne, très bon enfant. Les gens passent, te gratifient au passage d’un hochement de tête bienveillant ou d’un sonore «Hey my friend!» , tu te sens bien, l’envie de t’y mettre. La voiture déchargée, chasuble hivis sur les épaules, et c’est parti pour le tri des chaussures, avec Jane et sa fille Leane.

Arriving at the Auberge des Migrants is a tiny shock in itself. It’s a warehouse in an industrial zone, volunteers bustling about in a friendly, Woodstock-like ambiance. People pass each other with a good-natured nod of the head or a resounding, “Hey, my friend,” in English, which makes you really want to pitch in. Car unloaded, yellow reflective vest on, it’s time to sort the shoes with Jane and her daughter Leane.

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Premier constat tu sens que l’organisation souffre du manque de transmission, la plupart des bénévoles restent comme moi peu de temps, et l’information s’en trouve diluée. Jane est au tri depuis hier seulement et est un peu perplexe quant à ce qu’il faut garder, elle m’explique ce qu’elle sait, pour le reste, c’est le sentiment que j’aurai pendant les trois jours, si tu ne sais pas te débrouiller: tu ne serviras pas à grand chose, l’autonomie est de rigueur! Donc improvisation!

The first thing you notice is that the organizational aspect has been somewhat lost in translation. Most of the volunteers, like me, don’t stay very long and as a result information feels as though it’s been filtered through a few rounds of Telephone. Jane has been in charge of sorting since only yesterday and is a bit perplexed as to what to keep. She explains what she knows; for the rest, it’s the same feeling I’ll have for the next three days: if you don’t know how to figure stuff out for yourself, you won’t be very useful. Autonomy is de rigueur, and so, too is improvisation!

En second lieu tu regardes perplexe l’inégalité des dons: des chaussures trouées, sans semelle, ou des cotonnades inutilisables, côtoient des modèles de marche en cuir, quasi neufs, et, pire mais finalement drôle, des talons aiguille imitation panthère: so chic et tellement pratique pour marcher dans la boue… Elles finiront en trophée au-dessus de l’atelier ! La plupart des chaussures ne sont pas attachées, l’appairage est chronophage, les vérifications de taille également, ce ne sont pas des choses auxquelles on pense nécessairement lorsque l’on donne des vêtements, mais quelle perte de temps. C’est ce qui manque d’ailleurs: le temps, et les bras.

The next thing you notice is the disparity of the donations: shoes with holes or without soles, or unusable cotton fabric, rubbing up against leather hiking shoes, almost new and, worse but actually funny, high heels in imitation panther: so chic and especially practical for tramping through the mud…they’ll end up as a trophy crowning the workroom. The majority of the shoes are not with their partner and pairing them up is time consuming, as is determining their size. These are not the things we necessarily think of when we donate clothing, but what a waste of time. That’s, by the way, what we’re lacking most: time, and extra hands.

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Ma soirée s’est passée sur la grève, à manger une fricadelle frite (je sais, je sais…), regardant les ferries filer vers l’Angleterre, en pensant à ceux qui, de la « jungle » assistent au même spectacle. Je n’aurai besoin que de mes papiers et quelques dizaines d’euros pour faire ce voyage à travers la Manche alors que d’autres, dans des conditions déplorables, attendent depuis des mois (quand ce n’est pas plusieurs années) d’y risquer la fortune d’une famille, leur vie si ce n’est pas déjà fait, de réaliser ce même voyage, quelle injustice.

My evening was spent on the waterfront, eating a frikandel and fries (I know, I know…), watching ferries take off for England, while thinking of those in the “Jungle” contemplating the same scenery. All I’d need is a few dozen euros and my identity papers in order to make a return trip across the Channel. But others have to wait in deplorable conditions for months or even several years, risking their family fortunes and even their lives just for the chance to undertake this same trip—how unjust.

Le lendemain c’est reparti, et ce sera mon activité pendant les 2j restant: cariste. Réorganisation du stock avec Jack, seulement 23 ans, il pourrait être mon fils, mais je reste bluffé par sa maturité, sa sagesse. Je le harcèle de questions, pourquoi il y a t-il autant de britanniques parmi les volontaires? “I guess we’re feeling responsible”. C’est la réponse que me donneront tous les bénévoles anglais à qui j’ai demandé, et ils sont nombreux, c’est même l’immense majorité. Ils viennent de tous les milieux, toutes origines politiques. Il y a des ingénieurs, comme John, qui après six mois de volontariat, s’apprête à rentrer, gagné par un sentiment de déprime. C’est pourtant un coriace John, large sourire, physique d’acteur, des traits burinés qui en disent long sur son parcours. Sa tristesse de n’avoir tenu « que» 3 semaines dans la Jungle, “Too depressing”, témoigne aussi de la dureté des conditions de vie.

The next day I get my assignment for the following two days: forklift operator, reorganizing stock with 23-year-old Jack. He’s young enough to be my son, but I’m impressed by his maturity and wisdom. I bombard him with questions: Why are there so many British people among the volunteers? “I guess we’re feeling responsible.” It’s the answer that all the English volunteers I asked gave me, and they make up the majority here. They hail from all social and political backgrounds. There are engineers, like John, who is preparing to go home after six months of volunteer work, overcome by heaviness. And he’s a tough guy, John, huge smile, actor’s physique, a craggy face that tells his story. His sadness at having held out “only” three weeks in the Jungle: “too depressing”—also speaks to the difficulty of the conditions there.

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Je ne verrai pas le camp des migrants, je n’en ai ni l’envie, ni la volonté. Beaucoup de volontaires d’ailleurs n’y sont jamais allés, tu viens pour donner de ton temps, ton énergie, ce qui te rend utile. Si tu es trop fragile pour travailler dans la jungle, ta place n’y est pas. En l’occurrence je suis très bien à l’entrepôt. Il y a aussi un architecte en retraite, des étudiants en médecine, des artistes. Sur le campement des volontaires, c’est l’Ile de Wight, et, si le drapeau noir ne flotte pas nécessairement sur la marmite, il flotte au-dessus de certaines caravanes, mais on ne parlera quasiment pas politique. « Ici chacun sait ce qu’il veut, ce qu’il fait quand il passe».

I won’t be seeing the migrant camp. I don’t have the desire or the willpower to do so. Many of the volunteers have never been. You come here to give your time, your energy, whatever renders you useful. If you’re too fragile to work in the Jungle, your place is not there. That’s why I’m perfectly happy at the warehouse. Along with me there’s a retired architect, medical students, artists. The volunteer camp feels like the Isle of Wight festival. Anarchy is in the air around certain caravans, but even so we barely talk politics. 

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Puis c’est l’heure de déjeuner, en anglais of course, vegan of course, finalement le seul mode d’alimentation laïque : aucune restriction, et personne ne saura rien de toi à te regarder manger. Je regrette de ne pas avoir travaillé en cuisine, le curry est juste délicieux, j’aurai très égoïstement piqué la recette! Mais le plus important est que l’auberge sert 2000 repas chaud par jour, c’est un exploit, bien que cela ne couvre qu’une partie des besoins malheureusement. Le reste est pris en charge par les autres associations sur place de ce que j’en ai compris.

Then it’s lunch time, in English and vegan of course, which ends up being the only non-sectarian way to feed the group. I regret not having worked in a kitchen, the curry is simply delicious, I would have loved to have stolen the recipe! But the most important thing is that the organisation serves 2000 hot meals a day, which is a feat, even though that number unfortunately only covers part of the demand. As far as I understood, the rest is covered by other charities on the scene.

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Vendredi départ pour le camp de Grande Synthe. J’ai une voiture et il faut déposer des volontaires pour la distribution des chaussures, c’est une joyeuse et très jeune équipe qui se tasse a l’arrière du 4×4, j’arrive à éviter la rentrée dans le camp, un chapelet d’abris en bois, coincée entre l’A16 et une gare de triage sinistre, bruyant, un paradis comparé au camp de Basroch, honte absolue de l’avis de tous, fermé depuis peu, mais dans lequel des réfugiés auront pour certains tenu plusieurs mois.

Friday: departure for the Grand Synthe camp. Since I have a 4×4, I drop off a group of young and joyous team volunteers who will distribute the shoes. I manage to avoid the main entrance, a string of wooden shelters wedged between the A16 highway and a sinister, noisy railway yard, a paradise compared to the Basroch camp, a total disgrace in everyone’s opinion, recently closed, within which certain refugees had to hold out for several months.

Le reste de la journée se passera seul avec mon transpalette à faire un peu de place dans le stock pour préparer l’arrivée d’une grosse livraison prévue samedi. J’irai récupérer ma sympathique équipe de volontaires le soir. Ce coup-ci, je suis chargé de couvertures jusqu’au toit, impossible d’échapper à la rentrée dans le camp.

The rest of the day will be spent alone with my pallet truck, making some space in the stockroom in preparation for a big delivery scheduled for Saturday. I’ll go back and pick up my friendly team of volunteers that evening. This time, my car is stuffed with blankets up to the roof, necessitating a return trip to the camp.

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Sentiment étrange (il parait que c’est normal, tout le monde l’a ressenti), la plupart des réfugiés sont souriants et amicaux, mais des regards sont durs, parfois agressifs, on sent de la lassitude, de l’exaspération, mais une grande énergie se dégage, les hommes parlent fort, rient, jouent au foot, se bousculent amicalement. Beaucoup sont jeunes, moins de 30 ans pour la grande majorité. Je ne vois pas de femmes, sinon une à laquelle je souris et qui baissera immédiatement la tête en croisant mon regard, non, tout n’est pas rose chez les réfugiés, pas d’angélisme. Au loin au fond du camp des enfants s’amusent, sous des regards que j’imagine féminins. Les volontaires sur place sont Français, l’air fatigué, on sourit, tout le monde se tutoie, plaisante, mais l’heure avance, il me faut rentrer avec mes passagers.

Strange feeling (apparently it’s normal, everyone noticed it), the majority of the refugees are smiling and friendly, but the look in their eyes is hard, sometimes even agressive. One can sense the weariness and exasperation but still, energy fills the air—men speak loudly, laugh, play football, jostle each other in a friendly way. Many of them are young, most less than 30. I don’t see any women, aside from one who immediatedly lowers her head when I smile at her and make eye contact. No, all is not rosy with the refugees, no naive optimism. Further along at the edge of the camp children play, under the guard of what I imagine to be feminine eyes. The volunteers here are French and seem tired; we smile, everyone uses the informal “tu”and jokes around, but time is passing and I have to get back with my passengers.  

Avant de partir je ne peux m’empêcher de penser aux employés de cet atelier en cours de démolition qui jouxte l’entrepôt, et le “merci patron”, signe du combat perdu, tagué sur l’une des dernières façades encore debout. Combien d’emplois perdus encore dans cette région déjà sinistrée économiquement ? S’opposent ici 2 formes de misère et je ne jugerai pas l’agacement voire l’hostilité des locaux. Dans cette situation, pas de gagnants, et à Calais la galère ne semble jamais très loin…

Before leaving I can’t help but think of the local employees of this small factory next to the warehouse, slated for demolition, the “Thanks boss” tagged on the facade alongside other graffiti signs of defeat, a skull and “LKI [LK Industries]on strike.” How many more jobs have been lost in this region already devastated economically? Two forms of misery are confronting each other here and I can’t judge the locals’ irritation or even their hostility. There are no winners in this situation, and in Calais, hardship never seems very far away.

Atelier_En_Cours_de_demolition

Le voyage de retour se fera pour partie avec un résident, il est là depuis plusieurs semaines, me raconte ce qu’il sait des camps, de la pression des mafias, des bandes, sur les migrants (passeurs, gardiens d’argent etc…) des tensions inter-ethniques très fortes (la veille une rixe entre réfugiés Afghans et Soudanais a fait 25 blessés, pour une histoire de vélo), de l’inertie du gouvernement, de la lassitude des volontaires, et des conditions très dures qui font loi.

The return trip will be partially made with a long-term volunteer who has already been there for several weeks and tells me what he knows about the camps, the pressure that mafias and gangs place on the migrants (smugglers, moneyhandlers and keepers, etc.), very strong inter-ethnic tensions (the previous night a brawl between some Afghan and Sudanese refugees left 25 wounded, all over a bicycle), the inertia of the government, the lassitude of the volunteers, and the extremely difficult conditions that are the rule.

Quand tu y réfléchis, la plupart des réfugiés ont parcouru des milliers de kilomètres, dans des conditions que l’on n’ose imaginer, pour venir échouer à 35 km de leur but…Leur récif ? Une zone de non droit, en plein cœur de l’Europe, à 300 km d’une cité de lumière. Ils sont plusieurs milliers à y vivre, quasiment livrés à eux-mêmes et à la lie de l’humanité.

When you think about it, most of the refugees have covered thousands of kilometers, in conditions we don’t dare to imagine, only to fail just 35 kilometers from their goal…And where do they find themselves beached? A no-rights zone, in the heart of Europe, just 300 kilometers from a city of lights. There are several thousands living like this, practically fending for themselves, abandoned to the dregs of society.

Le constat n’est pas d‘une noirceur totale, je pense à cette énergie ressentie à l’entrepôt, dans le camp, cette force partisane, l’espoir, la solidarité et ces sourires qui m’accompagnent aujourd’hui. J’y retournerai, pas que je sois meilleur qu’un autre, pas que j’ai une solution, ni d’idée pour faire avancer les choses. Mais car je suis convaincu, comme tous les autres volontaires, que la seule chose à ne pas faire est de rester les bras croisés.

The result is not all dark. I think of the good energy circulating at the warehouse, in the camp, this unifying strength, the hope, the solidarity and the smiles that stay with me today. I’ll go back, not because I’m better than anyone else, not because I have a solution, nor a precise idea of how to move things forward. But because I’m convinced, like all the other volunteers, that the only thing not to do is keep your arms crossed.

L’association en plus de dons financiers que vous pouvez adresser directement a l’auberge des migrants a besoin de : tentes, bâches, sacs de couchages chauds, vêtements chauds, couvertures, chaussures en cuir sans talons, bottes ou baskets, sous vêtements masculins et féminins (on oublie que beaucoup de femmes vivent dans les camps). Détails en dessous:

In addition to financial donations that you can make here, the auberge des migrants needs: tents, tarpaulins, warm sleeping bags, warm clothing, blankets, leather shoes without heels, boots or sneakers, male and female clothing and underclothes (we forget that a lot of women are living in the camps). Details below:

Hommes / Men:

Chaussures de sport, surtout taille 42 et 43, noir si possible

Sport shoes, especially size 42 and 43, black if possible

Sweats et sweats avec capuche, t-shirt manches longues, taille S et M

Sweatpants and sweatshirts with hood, long-sleeved T shirts, size S and M

Slips neufs, S et M

New sets of underpants/boxers/briefs, S and M

gants/gloves

Femmes / Women:

Leggings, XS, S et M

Pantalons jogging, XS, S et M

Jogging pants, XS, S and M

Culottes neuves, Set M

New sets of underpants, M

Garçons/boys:

Pantalons jogging, tailles 12 à 16 ans

Jogging pants, aged 12-16 years

Jeans, tailles 12 à 16 ans

Jeans, aged 12-16 years

Slips, tailles 12 à 16 ans, ou taille XS et S

Underpants, sized 12-16 years or size XS and S

Tout vetement/chaussure chaud de qualité sera utile mais verifiez les derniers infos sur leur page Facebook.  Je vais bientôt repartir, si vous êtes intéressés pour participer vous pouvez m’envoyer un mail fhenriqu@gmx.com ou me contacter par Facebook et je viendrai chercher vos affaires à Paris.

All clothing/warm shoes of good quality and condition are useful. For more information, email/call the organization directly, or check their Facebook page for an updated list of needs. François will be making another trip to Calais in May with whatever we can collect from friends, so please contact him by email at fhenriqu@gmx.com or on Facebook and he’ll come pick up your donation in Paris.

***

In addition to helping François on his next trip to Calais, those of us at Bonjour Solidarity have just started brainstorming a spring fundraiser for the Auberge des Migrants. We are in the process of gathering together our friends and aquaintances including visual artists, writers, journalists, translators, musicians, and even a therapist willing to donate their creative work, time and energy to this fundraising event. But most of all we need a SPACE! Could you lend us your bar/restaurant/workshop/big aparment or help out by donating a service or something you’ve created? Please email us at bonjoursolidarity@gmail.com or leave a comment here.

Parallèlement, nous avons commencé à réfléchir à une collecte pour l’Auberge des migrants. Nous essayons actuellement de réunir nos amis et connaissances (écrivains, artistes visuels, journalistes, traducteurs, musiciens, et même un thérapeute) ayant à cœur de donner de leur temps, talent et énergie autour d’un évènement destiné à lever des fonds pour l’association. Mais avant tout nous avons besoin d’un LIEU dans Paris ou la région Parisienne. Pourriez vous nous prêter votre bar/restaurant/atelier/grand appartement ? Ou nous aider en offrant vos services, une de vos créations? Cela vous intéresse-t-il de participer ? Si oui, écrivez nous à bonjoursolidarity@gmail.com ou laissez nous un commentaire.

Beats Across Borders

A couple of weeks ago my neighbor Maud invited me to a benefit concert. Her funk/jazz band, Chill Beenz, was getting back together to help raise money for refugees through an organization at her university, Sciences Po. I didn’t even know she had a group. Turns out, they’re talented, with big hearts and lots of friends and fans, who turned up to see them and two other groups play the Alimentation Générale in Paris’ 11th arrondissement, collectively raising 2800€.

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Chill Beenz members Akos Palencsar, Maud Koenig-O’Carrol and Daniel Nothaft

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Emilie dLF, rapper, singer, saxophone player, jumping in

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Emilie dLF and Maud Koenig-O’Carroll

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Spleen comes up on stage from the shadows to sing with Chill Beenz

(Here’s) a video of Paul & Dafne opening the evening.-DV.


Sciences Po Refugee Help
is an association that brings together citizens concerned about the current refugee crisis unfolding in Europe.

Our 5 teams (Administration, Material Needs, French Lessons, Asylum Aid, & Social Activities) are ready to take care of refugees as soon as we make first contact with them in camps and centres. We provide them with administrative, material, educational support, as well as companionship.

Our objective is to accompany refugees during the asylum-seeking process in France through fundraising (which will help us deploy more resources), by raising awareness on the cause (by hosting events within and outside of Sciences Po) and by institutionalising solidarity within our university and beyond.

Our Facebook page : www.facebook.com/sciencesporefugeehelp

Our crowdfunding page : www.gofundme.com/westandtogether/

Sciences Po Refugee Help est une association qui rassemble les citoyens qui se sentent concernés par la crise des réfugiés qui se déroule aujourd’hui en Europe.

Nos 5 équipes (Administration, Besoins Matériels, Cours de Français, Aide à la Demande d’Asile, Activités Sociales) sont prêtes à suivre les réfugiés dès qu’ils arrivent dans les centres ou les camps. Nous offrons de l’aide dans toutes leurs démarches administratives, ainsi qu’un support émotionnel et moral.

Nous nous sommes engagés à suivre et à accompagner les réfugiés pendant leurs démarches d’obtention du statut de réfugié. C’est pourquoi nous avons lancé une campagne de levée de fonds pour sensibiliser la population sur une cause essentielle, et pour institutionnaliser la solidarité au sein de notre université et de notre société au sens large.

Notre page Facebook : www.facebook.com/sciencesporefugeehelp

Notre campagne de crowdfunding : www.gofundme.com/westandtogether/

Jeudi ‘apéro ça caille’

Created in late November 2015 to create and reinforce solidarity by assisting the homeless in Paris’ 11th arrondissement, the charity organization Le Carillon [not associated with the bar attacked on November 13, 2o15] is hosting its second public event this Thursday night from 8-11pm at Chez toi ou chez moi, 3 rue du Général Renault, 75011.

The only element required to enter this “It’s cold cocktail hour” are your spare pairs of gloves, warm hats, scarves and socks to be donated.

In just more than two months of existence, Le Carillon has already brought together 25 local cafés, restaurants and shops offering a variety of services to the homeless (or anyone in need).

Participating businesses are identified by a blue sticker with the project’s logo and various pictograms in their window, letting passersby know they can access a variety of free services inside. Those range from the very basic (using the toilet, having a glass of water or hot tea, charging a mobile phone or just sitting down to warm up and talk) to the more substantial: using a first-aid kit, sending a letter, making a phone call, sharing a sandwich/hot meal or picking up a warm item of clothing or duvet.

The first event in January was a “sleeping bag cocktail hour” during which more than 30 sleeping bags and funds to buy more were collected in less than three hours.

Le Carillon says its ultimate objective is to eventually “reach all the urban zones of France, bringing together thousands of businesses and inviduals.”

I’m in touch with the founder about eventually expanding the network to my neighborhood. Is anyone interested in doing so in their quartier? Please contact us.

To read more about the establishments already participating, click here.

 

Jeudi « Apéro ça caille ! »

Fondée fin novembre 2015 pour promouvoir la solidarité avec les SDF du 11ème arrondissement, l’association caritative Le Carillon (sans lien avec le café homonyme attaqué lors des attentats du 13 novembre) organise sa seconde manifestation publique ce jeudi, de 20 h à 23 h au « Chez toi ou chez moi » (3 rue du Général Renault 75011).

Seul impératif pour participer à cet “Apéro ça caille !”, venir avec les gants, les bonnets, les écharpes ou les chaussettes que vous êtes prêts à offrir.

En à peine deux mois d’existence, Le Carillon a déjà fédéré 25 commerçants proposant toute une palette de services aux SDF (ou à toute personne en difficulté).

Les établissements participants sont identifiables par les autocollants bleus frappés du logo de l’association apposé sur leur vitrine, des pictogrammes permettant de connaître la nature des prestations spécifiques fournies sur place, des plus basiques (utilisation des toilettes, verre d’eau ou tasse de thé, recharge de téléphone, possibilité de se mettre au chaud et de bavarder) aux plus substantiels (kits de premiers secours, possibilité de poster du courrier, téléphone, restauration froide ou chaude, fourniture de vêtement ou de duvets).

La première opération, organisée au mois de janvier (« Apéro sac de couchage »), avait ainsi permis de rassembler plus d’une trentaine de sacs de couchage en moins de 3 heures.

A terme, l’objectif du Carillon est de toucher toutes les zones urbaines de France et de fédérer des milliers de personnes et d’établissements. J’ai d’ailleurs pris contact avec le fondateur dans la perspective d’étendre leur initiative à mon propre quartier. Si vous souhaitez faire la même chose dans le vôtre, faites vous connaître !

Pour en apprendre davantage sur les établissements déjà concernés, cliquez ici.

Let them eat brioche

Buckley Blog (1 of 10)Yesterday we brought you suspended coffee, so why not another tasty item also banished from my list of comestibles? The food of life, the breakfast of…a whole lot of people, at least those still lucky enough to be able to digest gluten.

La Conquête du Pain (The Conquest of Bread) takes its name from a title first published en français in 1892 by Pyotr Kropotkin, the Russian anarchist, philosopher and total badass who advocated a sort of communist society without the intrusive central government, based instead on voluntary associations between workers.

The founders of this self-run organic “boulangerie solidaire” (English really needs an adjective for “solidarity”!) in Montreuil, just east of Paris, are fans of the “suspended” concept, too. Since it opened almost six years ago, the bakery has put out a basket of goods just waiting to be claimed by someone who can’t afford to pay that day.

A customer buys whatever she wants but also has the option of buying additional items (bread, pastry or cake) to leave behind in the “suspended” basket. Anyone in need is welcome to help himself, no questions asked.

According to Idées Locales, the bakery has pulled this model off without an owner or manager on hand. Ten employees get together weekly to decide upon recipes, scheduling, and salaries.

Beyond its community cachet, “suspended bread” is a good business model. Most customers buy more than they need in order to leave something behind. The concept alone attracts customers who’d rather buy from a socially conscious bakery. To the point that there is sometimes leftover bread in the basket at the end of the day—which is then donated to local charities.

La conquête du Pain
47 rue de la Beaune
93100 Montreuil

http://www.laconquetedupain.fr/

Thanks to my friend Myriam in Corsica for sending me an article in French that I’ve adapted for this post. It seems like a good time to mention that she’s running her own solidarity project in Cuba.

Buckley Blog (6 of 10)

Thanks to my friend Richard Beban for the photos, more of which you can find on his site as well as on Paris Play, with writing by Kaaren Kitchell.

Version française:

Nous parlions hier du « café suspendu », d’où l’idée d’évoquer un autre de ces plaisirs gustatifs également banni de la liste de mes courses – le plus basique des aliments, le petit-déjeuner d’à peu près tout le monde à l’exception des malheureux incapables de digérer le gluten…

« La Conquête du pain » tire son nom d’un livre de Pierre Kropotkin traduit en français pour la première fois en 1892. Kropotkin était un philosophe anarchiste russe, ardent promoteur d’une société fondée sur la coopération entre ouvriers plutôt que sur un pouvoir central.

Les fondateurs de cette boulangerie solidaire bio et auto-gérée de Montreuil, dans la banlieue est de Paris, sont eux aussi de grands amateurs du concept de « suspension ». Ainsi, et depuis son ouverture il y a six ans, La Conquête du pain prépare chaque jour des paniers pleins de bonnes choses (pain, pâtisseries, gâteaux…) que ses clients payent en plus de leurs achats mais qu’ils n’emportent pas et laissent à la disposition des personnes en difficulté.

D’après « Idées locales », la boulangerie a instauré ce système sans le moindre propriétaire ni patron, les dix employés déterminant collectivement leurs horaires de travail, leurs recettes et même leurs salaires.

Au-delà de son parfum « communautaire », l’idée du pain suspendu reste un modèle économique efficace : la boulangerie attire une clientèle qui privilégie le commerce à dimension sociale et achète davantage que ce dont elle a besoin pour jouer le jeu. A tel point qu’il reste parfois du pain suspendu dans les paniers à la fin de la journée, lequel sera offert à des organisations caritatives locales.

La conquête du Pain
47 rue de la Beaune
93100 Montreuil

http://www.laconquetedupain.fr/

Merci à mon amie Myriam de Corse, qui m’a fait parvenir cet article en français et que j’ai adapté pour cette note. J’en profite pour mentionner qu’elle gère son propre projet solidaire à Cuba.